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lundi 3 juin 2013

CHÔMAGE ET VAPOTAGE

Vous avez sûrement remarqué qu’à chaque fois qu’arrive une mauvaise nouvelle, nos dirigeants lancent une polémique sur un autre sujet qui va faire diversion.
Les  derniers chiffres du chômage viennent de paraître. Ils sont vraiment très mauvais. Mais, deux heures plus tard, on ne parle que d’une chose : la ministre de la santé, Marisol Tourraine, annonce, sur tous les médias, des mesures contre la cigarette électronique inspirées de la législation antitabac, en particulier l’interdiction de vapoter dans les lieux publics. Pour ceux qui ne connaissait pas ce verbe et qui pourraient  se méprendre, nous préciserons qu’il s’agit de tirer sur une cigarette électronique, sans tabac donc.
La preuve qu’il s’agit d’une manœuvre de diversion ? La ministre précise avec une étonnante candeur qu’elle ne sait pas encore sous quelle forme juridique introduire cette interdiction, n’étant pas certaine que les textes sur le tabac soient transposables en la matière et qu’une censure du conseil d’ État est fort possible. On verra plus tard, l’urgence est de parler d’autre chose que du chômage !
Pour le cas où cela ne suffirait pas à détourner l’attention, le lendemain on reparle des allocations familiales avec cette question : on va les réduire pour les ménages les plus aisés (ou les moins démunis...) mais comment ? Fixer le montant des allocations en fonction des ressources du ménage ou réduire les avantages fiscaux liés au quotient familial ?
Et c’est reparti pour la polémique. Il est vrai que la question est d’importance; un débat comme on aime en France. Dans le premier cas, on porte atteinte au sacro-saint principe de l’universalité des allocations. Dans le second, cela se traduira automatiquement par une hausse des prélèvements obligatoires, en  contradiction avec la promesse de Hollande qui s’est engagé à ne plus augmenter les impôts.
Certains se demanderont pourquoi le gouvernement s’ingénie à annoncer des mesures dont il n’a pas encore arrêté les modalités ni étudié les conséquences.
Bonne question ! Pas très professionnel, en effet, sauf s’il s’agit de faire du buzz. 
Parions que le jour, cela finira bien par arriver, où sortira une statistique marquant enfin une baisse du nombre de chômeurs par rapport au mois précédent (par exemple de 2.500.000 à 2.494.000 ...) on ne parlera de rien d’autre et sans doute verrons-nous aux journaux Télé du 20H le président recevant à l’Elysée un couple uni par un contrat de génération, un vieux avec un jeune, image édifiante du travail pour tous...
En attendant, parlons donc du chômage. Voici la fameuse courbe mensuelle du nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi fin avril 2013:




 
3,264 millions en catégorie A, soit 40.000 de plus que le mois précédent et 300.000 de plus depuis que Hollande est arrivé à l’Elysée. L’héritage n’est plus politique, il est devenu génétique ! Imperturbable, François Hollande a, une nouvelle fois, confirmé son objectif d'une  " inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année ". On se souvient qu’il avait écrit « Le rêve français »...

Puisqu’il n’a pu résister, malgré la gravité du sujet, à nous gratifier d’une de  ses bonnes blagues en déclarant : « Il pleut tout le temps, au moins depuis un an. Vous allez voir, ça va se lever », nous nous permettrons de montrer comment on peut inverser la courbe du chômage :

Courbe du chômage

Inversion de la courbe









Mais remettons les choses à l’endroit. Il n’y a que deux solutions pour redresser durablement la courbe du chômage : bénéficier d’un fort retournement de la  conjoncture internationale (on a beau scruter l’horizon pour voir où il « va se lever » on ne voit guère qu’un petit coin de ciel bleu aux USA, que l’on doit au gaz de schiste...) ou procéder à de profondes réformes structurelles.
 
*
Au moment de publier cette chronique, le gouvernement annonce qu’il a choisi : on ne touchera pas au versement des allocations mais on réduira le quotient familial qui bénéficie aux familles avec enfants. Il s’agit, certes, d’un reniement de l’engagement récent de Hollande de ne plus augmenter les impôts mais ce choix a un triple avantage.
D’abord il ne se fera sentir que lorsque les français recevront leur feuille d’imposition fin 2014, c’est-à-dire après les élections municipales et européennes, alors qu’une baisse des allocations interviendrait dès janvier 2014.
Ensuite, personne ne comprend rien au mode de calcul du quotient familial. Les français finiront bien par constater la hausse de leurs impôts, mais il leur sera  impossible de distinguer ce qui est dû à la nouvelle politique familiale du gouvernement et ce qui résulte des autres hausses d’impôts.
Enfin, cette mesure va toucher un nombre plus élevé de personnes puisque les allocations familiales ne sont versées qu’à partir de deux enfants alors que le quotient familial s’applique dès le premier enfant.
Tout cela est fort bien joué car, cerise sur le gâteau, on vient du même coup de lancer un nouveau débat qui va agiter les médias et la classe politique jusqu’à la prochaine mauvaise nouvelle. On reparlera du chômage le mois prochain mais rassurez-vous on trouvera bien un nouveau sujet pour détourner l’attention...
Au total donc, environ 1.300.000 ménages subiront cette hausse d’impôts, soit 12% des familles, qui perdront près de 800 euros par ans. Décidemment, il y a de plus en plus de riches en France !
Au fait, pourquoi cet acharnement sur les allocations familiales ? C’est une nécessité, dit-on, pour combler le déficit de la branche famille.
Sauf que c’est faux ! Il y a bien un « trou » mais il n'est pas dû aux aides familiales à proprement parler. Il résulte des 4 milliards d'euros que verse la Caisse nationale des allocations familiales aux régimes de retraite afin de financer la majoration de 10% des pensions ont bénéficient les parents de trois enfants ou plus. On pourrait annuler cette disposition mais cela concerne les retraites et le sujet est déjà bien assez compliqué comme ça...

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