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jeudi 30 mai 2013

LEIPZIG, LE DÉBUT DE LA FIN OU UN VIRAGE HISTORIQUE ?

1813 : la « Bataille des nations ». Face aux à l’Europe coalisée, Napoléon est mis en échec dans cette ville d’Allemagne. Tournant  historique, prélude à l’invasion de la France et à sa reddition.
2013 : Hollande (notre président, pas le pays éponyme !) s’incline à son tour devant les réalités. Face à toute la classe politique allemande réunie à Leipzig pour célébrer les 150 ans d'existence du SPD, en présence de Gerhard Schröder et d’Angela Merkel, François Hollande prononce un discours qui, probablement, marquera une rupture dans l’histoire du socialisme français. Evénement considérable qui n’a d’égal que la scission intervenue au congrès de la SFIO à Tours en 1920, entre  révolutionnaires et réformistes. Depuis près d’un siècle, la gauche française, telle l’âne de Buridan, ne parvient pas à choisir. Dira-t-on plus tard que Hollande a tranché la question le 23 mai 2013, à Leipzig ?
Ce qu’il a dit ? Il a procédé à un vibrant éloge du réformisme allemand. Mais tout le monde a compris qu’il parlait de la France.
" Le réalisme, ce n'est pas le renoncement à l'idéal, mais l'un des moyens les plus sûrs de l'atteindre. Le réformisme, ce n'est pas l'acceptation d'une fatalité, mais l'affirmation d'une volonté. Le compromis, ce n'est pas un arrangement, mais un dépassement ".
" Le progrès, c'est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l'emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles, comme l'a montré Gerhard Schröder. On ne construit rien de solide en ignorant le réel... C'est ce qui permet aujourd'hui à votre pays d'être en avance sur d'autres ".
" Nos pays sont différents, nos histoires ne sont pas interchangeables. Nos cultures politiques et syndicales sont singulières. Mais je garde de la social-démocratie le sens du dialogue, la recherche du compromis et la synthèse permanente entre la performance économique et la justice sociale ".
De trois chose l’une.
Soit il a cherché à faire oublier les propos désobligeants des dirigeants socialistes contre l’Allemagne et sa chancelière. Diplomatie...
Soit il a adressé un message à Bruxelles (et aux marchés) pour obtenir l’indulgence face au non-respect par la France de ses engagements sur les 3% de déficit budgétaire en 2013. Habileté...
Soit il a fait du Hollande, et donné une nouvelle leçon d’ambiguïté. Message de fermeté à l’égard de la gauche de sa majorité qui exprime de plus en plus fort son mécontentement, préparation du terrain pour les réformes qu’il ne peut plus différer. Tactique...
Ceux qui avaient espéré qu’il serait plus clair sur ses intentions lors de sa conférence de presse du 16  mai auront été déçus : " Qui je suis ? C’est une question terrible. Je suis socialiste. Ai-je besoin de dire social-démocrate ? Est-ce que ce serait mieux d’être social- démocrate ? Il se trouve que jai dirigé pendant des années le Parti socialiste, je ne l’ai pas appelé «parti social-démocrate» ! Cest parce que je crois à certaines valeurs...Je suis un socialiste qui veut faire réussir la France".
Que penser alors de cette déclaration du 28 avril 2013 : " Un quinquennat ne se juge pas sur la première année, mais il se joue la première année. Si on ne fait pas de grandes réformes la première année, alors qu'on a une large majorité, qu'il n'y a pas d'élections intermédiaires et qu'on peut prendre des décisions courageuses, ça ne peut pas marcher " ?   
Qu’il considère que les réformes sont derrière nous ? Ou, au contraire, qu’il nous a écoutés et qu’il est passé au quadriennat, dont la première année commence maintenant ?
Le problème, avec lui, est que l'on ne sait jamais si le verbe précède l’action ou si la parole remplace l’action.
Patience ! Nous ne tarderons pas à être fixés car, avec la mise en demeure que la France vient de recevoir de Bruxelles (dont nous parlerons prochainement), il est maintenant au pied du mur des réformes.
On saura enfin si Leipzig est une défaite ou, comme certains historiens le disent, une retraite stratégique pour préparer les prochaines offensives.


 

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