Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

mercredi 15 mai 2013

ET SI L’ON PASSAIT AU QUADRIENNAT ?

Selon le proverbe, l’habit ne fait pas le moine. De fait, dès le 15 mai 2012, à l’issue de la cérémonie de passation de pouvoir, alors qu’il tournait le dos au président sortant sans même le raccompagner au pied du perron, on a compris que Hollande aurait du mal à endosser la tenue de président.
On espérait un homme d’Etat. On vit un politicien animé de vieilles rancunes, habité de sa seule personne. C’est ce jour-là, à ce moment précis,
il y a un an, que nous avons décidé de lui faire un bout de conduite sur son nouveau chemin...
Il est vrai qu'il partait avec un lourd handicap : candidat par défaut des socialistes qui voulaient DSK, président par dépit des français qui ne voulaient plus Sarkozy, allait-il parvenir à exister par lui-même et à s’intéresser aux autres ?
Un an après, nous n’avons toujours pas la réponse. S’il parait encore mal à l’aise dans ses nouveaux habits, est-ce parce qu’ils ne sont pas à sa mesure, ou parce que c’est lui qui n’est pas taillé pour la Vème République ?
Pourtant, l’homme a prouvé qu’il était habile et qu’il pouvait, contrairement à l’idée reçue, se montrer résolu. Mais il peine toujours à s’imposer dans ses fonctions et à pénétrer le cœur des français.
Nous n’allons pas conclure l’An 1 par un bilan des promesses non tenues, des déceptions éprouvées, ni des actions positives, car il y en a...Pas un journal, pas une émission, pas un débat, qui ne se livre à longueur de journée à l’exercice. Nous nous contenterons de relever les 4 raisons qui expliquent, mais cela n'engage que nous, le niveau d’impopularité sur lequel s’achève cette première année de présidence Hollande.
1/Il n’a pas dit la vérité
La promesse du changement était excellente pour se faire élire, mais le slogan est désastreux pour gouverner. Comme maintenant c’était hier, le changement est devenu désenchantement. Alors il demande du temps et veut être jugé demain. Son nouveau slogan : « Je crois à la force du temps ». Tout ira bien en ... 2017 ! Cela fait penser à ces publicités ou l’on vous annonce que vous êtes le gagnant d’un gros chèque mais, périodiquement, on vous invite à franchir une nouvelle étape avant de toucher le pactole qui n'arrive jamais...
2/Il n’a pas convaincu sur son projet
Sans doute sait-il ce qu’il veut - plus probablement ce qu’il ne veut pas - mais il le garde pour lui. Ce qui est sûr, c’est qu'il n’a pas su expliquer aux français où il allait et encore moins les convaincre que c’était le bon chemin.
Même les plus grands analystes politiques s’y perdent, qui en sont réduits à gloser sur l’alternative entre une "politique de l’offre" et une "politique de la demande" ou tenter d’expliquer qu’un "déficit budgétaire" ne doit pas être confondu avec un "solde primaire".
3/Il manque d’autorité
Depuis son élection les "couacs s’accumulent et cela devient une marque de fabrique du régime : conflits de personne, critiques de sa politique par les membres de son gouvernement et de sa majorité, chamailleries en tous genres, gazouillis de toutes parts  et déclarations en tous sens... Le seul qui reste irréprochable à l’égard du président est le premier ministre, qui ne rayonne pas non plus d'autorité naturelle.
4/Il n’a pas de majorité
Le Front de gauche se situe désormais clairement dans l'opposition, les écologistes restent imprévisibles et une part croissante du PS lui-même est en dissidence. Le premier secrétaire du parti socialiste est décalé. Le président de l’assemblée nationale, de plus en plus désobéissant. Le sénat n’hésite pas à mettre le gouvernement en minorité.
Au total, le bilan est sévère mais c’est celui des français (*) qui, à 75%, jugent négativement cette première année. En vérité, résumé ainsi, le jugement  serait tout de même lapidaire. Car il y a, malgré tout, de bonnes mesures à mettre à son actif.
En disant cela nous ne pensons pas au Mali. Il  a, sans doute, montré qu'il pouvait décider. Fort bien. Mais la vérité est qu’il a fait le contraire de ce qu'il avait annoncé: il est intervenu  sans mandat international, avec des troupes au sol et s'est engagé jusque vers le nord. Mais il a eu raison. Comme Sarkozy en Libye et en Côte d’Ivoire, comme Chirac en Afghanistan (avec Jospin), comme Giscard à Kolwezi, comme Mitterrand au Kosovo...
C’est ainsi, la France gagne les guerres des autres.
Non, les plus significatives, celles qui passeront le temps, ce sont les mesures en faveur de la compétitivité : crédit d’impôts pour les entreprises (baisses de charges sociales) et loi de sécurisation de l’emploi (flexibilité). Elles sont, certes insuffisantes et incomplètes mais elles ont le mérite de faire tomber les tabous, de préparer les étapes ultérieures et d’interdire tout retour en arrière. Hollande préférerait mourir plutôt que de le reconnaître mais, en la matière, il fait du Sarkozy ...
S’il va plus loin, avec une vraie réforme des retraites, une baisse effective des dépenses publiques et de réelles transformations structurelles, il pourra revendiquer un vrai bilan.
Au prix de 3 paradoxes.
Le premier paradoxe: le virage fondateur de la compétitivité et de la flexibilité ne figurait pas dans ses engagements.
Second paradoxe, ce changement de programme va lui pourrir la vie avec sa famille politique, plus écartelée que jamais entre le social-réformisme et la vieille gauche idéologique.
Troisième paradoxe enfin : s’il mène à bien les reformes destinées à  moderniser la France, son premier mandat aura fait de lui un homme d’Etat mais il perdra toutes ses chances d'en faire un second. La droite trouvera qu’il n’est pas allé assez loin et la gauche qu’il l’a trahie. Il y a, en effet, une règle non écrite de notre Vème République : aucun sortant exerçant le pouvoir n’est réélu. Pour gagner la présidentielle il faut être en opposition, ou en cohabitation, ce qui revient au même.
En attendant, le mieux est d’oublier l’An I, l’annus horribilis de Hollande, et de faire comme si l’on était passé au quadriennat.
On pourrait ainsi, de nouveau, annoncer le changement pour maintenant ...

 
(*) Pas uniquement, si l’on en juge par la presse étrangère : « ... le quotidien américain The New York Times titre "Une année dans la présidence de Hollande, un sentiment de dérive", le quotidien suisse Le Temps évoque une année "dans la tourmente", le quotidien espagnol La Razon souligne la "déception présidentielle", et le britannique The Telegraph reprend à son compte le surnom donné par L'Express : Hollande est "Monsieur Faible". (Le Monde.fr du 6 mai 2013 - Delphine Roucaute.)

Aucun commentaire: