Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

dimanche 10 mars 2013

BALLONS D’ESSAI OU RIDEAUX DE FUMÉE ?

Nous aurions pu également titrer : « Quand on n’a pas de Projet on a des idées ».
Comme chacun peut le constater, il ne se passe pas un jour sans que ne sorte du gouvernement une proposition nouvelle. Il est maintenant trop tard pour en faire la liste exhaustive tant leur durée de vie est généralement brève. Comme elles suscitent immédiatement l’opposition d’un autre ministre, ou l’ire des alliés de gauche, elles ont tendance à tomber dans les oubliettes… avant de ressortir parfois sous une autre forme. Quelques exemples, tout de même, à titre d’illustration.
-Suppression de la ½ part fiscale pour les étudiants,
-augmentation de la taxe sur diesel et/ou prime à la reconversion,
-mise sous condition de ressources des allocations familiales, plafonnement et/ou fiscalisation, suppression du supplément à partir de 3ème enfant…
-progressivité des impôts locaux en fonction du revenu,
-confirmation de l’obligation d’avoir un éthylotest dans sa voiture mais pas de sanction en cas d’absence,
-dépénalisation du cannabis et salles de shoot,
-suppression de la journée de carence pour les fonctionnaires,
-amnistie des délits liés à des activités syndicales ou représentatives,
-taxation à 75% des revenus au-dessus de 1 million, par personne ou par ménage, sur le bénéficiaire ou sur l’entreprise, au taux de 65%, avec bouclier fiscal,
-augmentation de la TVA, modulée, étalée dans le temps,
-réforme institutionnelle : congrès ou referendum à QCM,  cumul des mandats à effet immédiat ou repoussé,  droit de vote des étrangers sous condition de réciprocité…
-exploitation du gaz de houille,
- vérification de la parité par décompte du nombre de femmes assassinées chaque soir dans les séries télé (Filippetti)…
-réforme du congé parental afin d’en augmenter la part dévolue au  père (pardon, au deuxième parent…),  
-augmentation du coût des amendes pour financer le Grand Paris (confirmation géniale de ce que l’impôt est bien une sanction).
On pourrait continuer comme cela encore longtemps. Ce qui est extraordinaire c’est que le bruit médiatique est inversement proportionnel à sa durée. La meilleure illustration de ce phénomène de péremption est donnée par le projet de  mariage pour tous. On se souvient du battage médiatique des débats à l’Assemblée nationale. Mais on ne dit pas que le texte voté est en cours de réécriture au sénat qui s’est rendu compte qu’il était juridiquement inapplicable, notamment en ce qui concerne la filiation. Quand Taubira frime, le Sénat trime…
Quelle est l’explication de cette frénésie réformatrice (quand on se souvient que l’on reprochait à Sarkozy d’être " anxiogène" !) dont a bien du mal à saisir la cohérence mais qui fleure bon l’impréparation, voire l’incompétence ?
La première explication nous ramène au syndrome  de Christophe Colomb (cf. :   http://www.francois-2.com/2013/01/le-nouveau-modele-francais-les.html). Les socialistes ne savent pas où aller, comment y aller, ni où trouver l’argent pour payer le voyage. Avec, de surcroît, un capitaine qui a bien du mal à commander son équipage…
La seconde serait plus subtile, du pur Hollande donc : la gravité de la situation impose réformes et sacrifices impopulaires. Mais, comme on ne l’a pas dit aux français avant, on détourne leur attention sur des leurres pendant qu’on leur prépare l’amère potion.
Ce qui est clair, c’est que nos ministres sont en plein désarroi. Leur situation ne correspond vraiment pas à ce qu’ils attendaient. Il y a si longtemps qu’ils rêvaient d’un portefeuille et qu’ils imaginaient les grandes réformes sociales et sociétales qui porteraient leur nom ! Et les voilà sommés de gérer la rigueur et d’engager des réformes contraires à ce qu’ils ont toujours proclamé. Il est normal qu’ils allument tout plein de petites lanternes pour tenter d’occulter les sombres vessies…
Pourtant, si l’on y regarde de plus près, et nous sommes convaincus que c’est ce que fait Hollande, la situation n’est pas aussi défavorable, politiquement, qu’elle n’y parait. Les français sont de plus en plus nombreux  à accepter les efforts et depuis Archimède on sait bien que plus on approche du fond et plus on a  de bonnes chances de remonter.
Dommage qu’il se soit trompé sur le timing : il aurait dû, dès le début, dramatiser la situation, accélérer les mesures fortes et impopulaires, puis  attendre des jours meilleurs. C’était du gagnant-gagnant.  Soit  les choses continuent d’aller mal et il l’aurait dit dès le début (on lui reprocherait de ne pas l’avoir fait pendant la campagne ? Les français ne sont pas si naïfs !) Soit la situation s’améliore et il pourrait s’en attribuer le mérite. Tandis que là, il donne l’impression de tergiverser, de n’agir que sous  la contrainte, d’obéir à Bruxelles. Et lorsque les choses finiront par aller mieux, on dira que c’est grâce à la conjoncture internationale.
Il devrait être plus allant sur les grandes reformes (retraite, compétitivité et flexibilité, sécurité sociale). Mais, surtout, il devrait démontrer que sa politique  s’inscrit dans un grand dessein pour la France. Et maintenant, on va où ?
Une vision politique ne peut se limiter à des chiffres. Ce n’est certainement pas ici que l’on sous-estimera l’impérieuse nécessité de réduire les dettes et déficits, mais encore faut-il expliquer ce que l’on trouvera à l’arrivée. Un projet politique c’est d’abord un mode de vie en société, des valeurs communes, une morale partagée.
D’ailleurs, même Harlem Désir le dit : « Qu'est-ce que le hollandisme ? Il faut écrire ce récit, c'est un des grands enjeux de la gauche. »
Par chance pour lui, et nous savons que Hollande en a, il n’est pas encore trop tard. Il est, en effet, très aidé par une droite qui, au lieu de faire son travail d’opposition -jamais elle n’a eu un tel boulevard devant elle- continue de se regarder le nombril.
Allez, François, un petit coup de "Rêve français" ! On en a bien besoin…

Aucun commentaire: