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mercredi 13 février 2013

LA FRANCE PERD LE NORD

Hollande est content. Lors de la conférence de presse qui a suivi l’accord européen sur le budget de l’Union Européenne pour les 7 prochaines années, il a affirmé qu’il avait atteint les objectifs qu’il s’était fixés.
S’il n’est pas facile de s’y retrouver dans la farandole des milliards, une chose est claire, c’est que l’Europe ne pourra dépenser, entre 2014 et 2020, que 908,4 milliards d’euros, soit 3,7 % de moins qu’au cours de la période précédente. Une baisse historique !
Mais Hollande est content. A l’en croire, il s’en serait plutôt bien sorti … par rapport à ce qui aurait pu être pire. Nous verrons que l’avis de la presse et des bénéficiaires concernés est très différent.
Coté moins pire, la Politique Agricole Commune. Le montant total alloué est en baisse de 11 %. Mais Hollande est content : « J’ai préservé les aides directes à nos agriculteurs ». De fait, elles ne reculent "que" de 1,4 milliards pour la France (47,5 contre 48,9). Il n’a pas vraiment tort si l’on en croit le président de la FNSEA : «Selon un premier calcul, cela voudrait dire que nous retrouverions sur la période, à 3 milliards près, l'équivalent du budget 2013. C'est un résultat positif par rapport à ce que l'on craignait. »
Côté plus pire, les investissements dans les infrastructures. Pour obtenir une baisse substantielle du budget, l’essentiel des économies a été, hélas, réalisé sur les  crédits pour la croissance. Hollande avait, à raison, déclaré : « Il ne sert à rien de faire un pacte de croissance en juin pour adopter ensuite un pacte de déflation. »
Mais l’emblématique projet « Connecting Europe Facility » (transports, énergie, numérique…) a été raboté de 35 milliards. C’était, pourtant, le domaine de prédilection des fameux "project-bonds" du pacte de croissance ! Engagement non tenu. Mais Hollande est content, il a sauvé la ligne Lyon-Turin…
Sale temps également pour l’aide aux plus démunis. Le PEAD a perdu 30% de ses crédits (de 3,5 à 2,5 milliards). Mais il était purement et simplement menacé de disparition, alors Hollande est content. Ce qui n’est pas le cas de la fédération des banques alimentaires qui se désespère : «  Cela représente 25 millions de repas en moins par an. »
Mais enfin, dans un contexte d’économies,  Hollande a probablement  fait au mieux pour préserver les intérêts de la France. Pourquoi ne pas l’avoir dit, tout simplement ? Surtout que son autosatisfaction n’est pas vraiment communicative.
La toute première question, lors de la conférence de presse, a été posée par le représentant de « Libération », qui n’est pas le journal le plus contestataire : « On a l’impression, à vous entendre, qu’il s’agit d’un succès fantastique. Pourtant, c’est une baisse en euros constants et les chiffres sont quand même têtus. Quand on voit que David Cameron est arrivé ici en réclamant 885 milliards en CP et qu’on termine à 908 ! Moi, j’ai l’impression d’une victoire en rase campagne de Cameron. Quand je vois que la chancelière Merkel a plutôt suivi Cameron que vous, j’ai un gros doute sur la solidité de l’axe franco-allemand. »
C’est aussi l’avis du Monde qui écrit en première page « Budget européen : Cameron gagnant et vent de fronde.» 
La fronde vient du parlement. Au moment même où Hollande déclarait : « J’ai tenu les engagements que j’avais pris devant le parlement européen », dans un communiqué conjoint, fait rarissime, les principaux groupes politiques (conservateurs, socialistes, libéraux et verts) annonçaient qu’ils ne voteraient pas  "en l’état" le budget pluriannuel européen qui « ne renforce pas la compétitivité de l’économie européenne…au contraire, il ne fera que l’affaiblir. »
Le coup de pied de l’âne est venu de David Cameron lui-même : « « Nous pouvons être fier, pour la première fois de l'histoire de l'Union Européenne, la carte de crédit européenne est amputée ».
D’accord, c’est Cameron qui a gagné. Mais ce n’est pas le plus important. Après tout, que l’Europe fasse preuve, pour elle-même, de la même rigueur que celle qu’elle impose aux Etats membres n’est ni surprenant ni anormal.
Ce qui est grave, c’est la coupure en deux de l’Europe qui s’est manifestée comme jamais. D’un côté, les fourmis du nord (Angleterre, Allemagne, Pays Bas, Suède, Danemark) qui ne sont pas prêteuses et encore moins donneuses, de l’autre, les cigales du sud dépensières et quémandeuses (France, Espagne, Italie). L’austérité protestante contre la prodigalité catholique.
Ce qui est dramatique, c’est l’éloignement de l’Allemagne. Certes, Madame Merkel a fait mine de jouer les conciliatrices mais, au final, elle s’est clairement rangée dans le camp des nordistes. On sentait bien qu’avec le nouveau président le couple franco-allemand avait du plomb dans l’aile. A croire qu’il y a des mariages qui ne conviennent pas à Hollande …
Ce qui est tragique, c’est que la France a rejoint l’équipe sudiste, celle des perdants de l’économie européenne, et qu’elle sera, inéluctablement, tirée vers le bas.
A Bruxelles, La France a perdu le nord…

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