Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

samedi 2 février 2013

HOLLANDE NIKÉ

Il l’aura donc eu son triomphe au Mali ! Certes, il n’a pas traversé Bamako sur un char romain mais accompagné de blindés. Certes, il avait remplacé la couronne de lauriers par son éternelle cravate indisciplinée. Mais c’était bien " Hollande-la-victoire " qui a, aujoud’hui,  été acclamé.
Personne, évidemment, ne se sera laissé abuser par le titre de notre chronique. De même qu’à l’Acropole on honorait jadis Athéna Niké, la déesse antique de la victoire, le monde célèbre aujourd’hui Hollande Niké, le victorieux.
Les grincheux pourront toujours dire qu’à vaincre sans combattre on triomphe sans gloire. De fait, on ne peut pas affirmer, pour l’instant, que l’armée française a, comme l’avait promis Hollande, " détruit les terroristes ".
Que voulez-vous, ces gens-là ne respectent rien. Ils ne font pas la guerre comme nous. Ils évitent l’affrontement ! C’est plus fort qu’eux : quand ils se sentent plus faibles, ils disparaissent sans combattre, mais quand ils ont une proie à leur portée ils la dévorent. C’est vieux comme les rezzous, ces bandes de nomades qui, depuis que le Sahara existe, franchissent de longues distances dans le désert pour surprendre leur adversaire et piller une caravane, ou un village, avant de se replier. Rien n’a vraiment changé depuis des siècles sauf que les chameaux ont été remplacés par des pick-up 4x4.
La France, en revanche, a envoyé au Mali une redoutable armada, avec tous les matériels les plus sophistiquées. Il n’y a que les sous-marins qui ne sont pas engagés dans la bataille… Le désert est devenu un gigantesque salon de l’armement.
3.500 soldats ! En face, combien de divisions ? Et, au final, combien de terroristes détruits ? Pour l’instant nous les avons simplement contraints à se " replier sur des positions préparées à l’avance " dans des lieux inaccessibles où ils ont stocké des armes et du carburant.
Combien de temps faudra-il aux Talibans pour rependre Kaboul après le départ du dernier soldat américain ? Et combien de temps aux nomades pour reconquérir les territoires abandonnés, après le départ des troupes françaises ?
La présence à nos côtés de troupes africaines est indispensable. Politiquement en tout cas, car on peut douter qu’elles soient formées et équipées pour mener cette guerre. Que dira-t-on si l’on assiste, après notre départ, à des massacres entre populations ? Revoilà le syndrome rwandais qui nous guette (la France  accusée d’avoir laissé s’accomplir un génocide).
Or, au Mali, cohabitent des populations qui se haïssent depuis toujours : au nord, les "arabo-berbères" (Touareg, Peuls, Toucouleurs…), au sud, les populations sub-sahariennes noires (Bambaras, Malinkés, Mandingues…). Vieilles haines.
On aurait donc eu tort d’y aller ? Sûrement pas. Il fallait défendre Bamako.
Il n’était peut-être pas nécessaire de déployer tant de moyens. Mais pourquoi prendre des risques ? Aujourd’hui, l’opération est tout bénéfice pour la France. Elle a retrouvé son prestige en Afrique et apparait, à nouveau, comme une alternative aux chinois et aux américains qui ont profité de notre désamour pour occuper le terrain que nous avions abandonné.
" France is back ! " Elle est retournée dans son pré carré et elle a prouvé qu’elle y était toujours la bienvenue. Tant pis pour les bonnes âmes qui ont créé, par agrégation de deux jolis mots, France et Afrique, la méprisante expression de "françafrique", cet épouvantail pour tiers-mondistes bien-pensants. Quelle ironie de l’histoire, d’ailleurs, que de voir un président socialiste, qui a lui-même souvent manié cette expression (souvenez-vous du discours du Bourget : " La France répudiera sans regret les miasmes de ce qu’on appelle la Françafrique "), recevant l’hommage de la population dans un des pays les plus rétifs face à l’ancienne puissance coloniale, avec à ses côtés un président non élu et placé sous la surveillance d’un capitaine, chef des putschistes.
Mais il fallait le faire et l’exécution fut parfaite. Seulement voilà, c’est maintenant que les difficultés commencent vraiment. Rester, c’est redevenir le gendarme de l’Afrique. Partir, c’est se faire le complice d’un inévitable déchainement de violences de part et d’autre.
En théorie, la solution parait simple : imposer le dialogue et rechercher un accord durable entre le nord et le sud. Œuvre de longue haleine et qui, pour le coup, risque de ressembler à de l’ingérence.
Mais il n’y a pas d’autre voie. Il nous faut maintenant assumer nos responsabilités.
Hollande a choisi le bon moment pour ce déplacement car le plus difficile reste à venir.
Il en est bien conscient, puisqu’il a déclaré dans son discours de Bamako (sur la place de l’Indépendance, cela ne s’invente pas ! il a eu, d’ailleurs, l’habileté de le relever en évoquant une " nouvelle indépendance, celle contre le terrorisme cette fois ") : « Le terrorisme a été repoussé, chassé, mais pas encore vaincu … Nous allons continuer, poursuivre … La France restera avec vous le temps qu’il faudra ».
Le Président français a avoué qu’il « venait de vivre la journée la plus importante de sa vie politique ». Il était donc juste qu’il savoure sa victoire.
Dommage qu’il n’y ait eu personne derrière lui pour lui rappeler qu’il était mortel : " Memento mori … "

Aucun commentaire: