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samedi 19 janvier 2013

MEMENTO MORI

Dans la Rome antique, lorsque l’on célébrait le triomphe d’un général vainqueur, un esclave se tenait derrière qui  répétait sans cesse  « memento mori », pour lui éviter l’ivresse du pouvoir.
« Souviens-toi que tu es mortel », le moment parait peut-être venu d’adresser le même message au Président Hollande : attention à l’excès de confiance  et à la tentation du guerrier.
Certes, l’intervention au Mali bénéficie toujours d’un très large soutien mais des interrogations pointent sur les objectifs et la stratégie.
Autant la décision d’arrêter l’avancée des terroristes vers le sud du Mali et de défendre Bamako, la capitale où vivent plus de 6000 français, a été logiquement saluée, autant l’éventualité d’une guerre de reconquête du nord par les troupes françaises parait très aventureuse. Aucune annonce claire n’a encore été faite sur le but final de cette opération que l’on n’hésite plus à qualifier de guerre. C’est peut-être de bonne …guerre, s’il s’agit de terroriser les terroristes, mais de nombreux signes laissent penser que cette hypothèse est sérieusement envisagée : la reconnaissance désormais officielle de troupes combattantes au sol, la montée en puissance des effectifs engagés (bientôt 3000, dit-on) et la sophistication du matériel utilisé.
Le risque serait énorme, les chances de succès infimes et le coût budgétaire insoutenable face à un ennemi aguerri, bien armé et, surtout insaisissable dans un théâtre d’opérations quasiment infini.
Nous terminions notre précédente chronique sur ce mot : « seul ». L’adjectif s’appliquait alors au président nouveau qui se trouvait confronté à la solitude du pouvoir suprême. Mais force est de constater qu’il s’applique également à la France. On a beau dire, on a beau faire, la France aujourd’hui est seule.
Certes, elle combat aux côtés des forces maliennes. Mais on pouvait souhaiter meilleur allié. Qui aurait cru, après tout ce qui a été dit sur la « françafrique », que nous volerions au secours d’un régime issu d’un coup d’état,  avec un président intérimaire non élu et sous surveillance des putschistes. Sait-on que leur chef, le capitaine Sanogo a, il y a un mois seulement, arrêté et contraint à la démission le premier ministre ? Rassurons-nous, il a bien voulu « remercier la France pour l’entrée en guerre contre les islamistes aux cotés de l’armée malienne ». Pourrons-nous éviter la maudite ingérence afin d’imposer un processus démocratique au sud et des négociations avec les tribus touareg  au nord ? On ne peut pas dire que nos arrières soient véritablement assurés.
Nous aurons bientôt le renfort des forces armées des pays voisins ? C’est politiquement important, essentiel même, mais cela change-t-il vraiment la donne sur le terrain ? Il s’agit d’armées mal entrainées, sous-équipées, dénuées de logistique et sans véritable expérience du combat dans le désert. Difficile d’espérer qu’elles soient en mesure, à court terme, de prendre la relève.
Nous avons le soutien de l’Europe et des Etats unis ? Assurément. C’est important de se sentir soutenu. Comment se manifeste-t-il ? Un peu de logistique et du renseignement. Des hommes ? Que nenni. De l’argent ? Pas un fifrelin. Aucun risque que l’on nous vole la vedette.
Au total, pas de quoi sombrer dans l’ivresse du conquérant victorieux. C’est à juste titre que Hollande tire profit politique de son action courageuse et enregistre une remontée de sa cote de confiance. Il ne faudrait pas toutefois que cette euphorie sondagière l’entraine vers de dangereuses aventures désertiques.
Il faudra bien, enfin, démontrer la cohérence de notre action diplomatique dans les pays confrontés à l’extrémisme salafiste. Il n’est, en effet, pas simple d’expliquer notre retrait d’Afghanistan alors que personne ne peut raisonnablement prétendre que le danger taliban est écarté, qu’au Mali nous combattons les « terroristes » (1) et qu’en Syrie nous soutenons les insurgés qui se revendiquent islamistes.
 (1)Au Mali, nos ennemis sont des terroristes. Aucun responsable français n’a jamais prononcé le mot « islamistes ». Nos  amis  africains, comme le capitaine Sanogo, n’ont pas les mêmes pudeurs.

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