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mardi 11 décembre 2012

LA SOCIAL-DEMOCRATIE MODERNE, C'EST MAINTENANT


Ceux qui nous suivent depuis le début se souviendront, peut-être, d’une chronique que nous avions consacrée aux Gracques dans notre précédent blog : http://www.agv-solferino2012.com/2011/09/les-gracques-ou-les-grecs-il-faut.html .
Si nous les suivons avec attention c'est parce qu'ils sont des gens qui comptent en Socialie  et même si nous ne sommes pas systématiquement d’accord, au moins ce qu’ils disent mérite toujours une lecture attentive(1). Surtout, ils militent pour une conversion de la gauche française à la social-démocratie, ce qui est la véritable raison pour laquelle nous nous intéressons au parti socilaiste, dans ce blog, comme dans le précédent.
Les Gracques donc, viennent de diffuser un document dans lequel ils s’expriment, enfin, clairement sur le hollandisme, ce qui n’a pas dû se faire sans mal si l’on considère le temps qu’il leur a fallu depuis l’arrivée de François II à l’Elysée !
Publié dans Le Point ce texte s’intitule : « Le redressement, c’est maintenant ! »
Il peut être consulté dans son intégralité sur le site http://www.lesgracques.fr/.
Pour ceux qui manquent de temps en voici quelques extraits choisis.
" La situation économique… est plus mauvaise qu’elle ne le devrait, parce que le pays pâtit toujours du laxisme passé : celui des déficits permanents, de l’excessive fiscalité des entreprises – réduisant leurs marges, donc leur capacité à investir- et du surendettement. Plus mauvaise qu’elle ne le devrait également, à cause de certains choix de la nouvelle majorité. La hausse de la tranche supérieure à 45%, le plafonnement des niches et même les 75% pour deux ans, étaient des décisions de justice fiscale permettant de relégitimer l'action publique. Mais l’accumulation de mesures complexes, la surtaxation des entrepreneurs et détenteurs d’actions, et des déclarations inutilement agressives ont conduit les investisseurs à l’attentisme et détérioré notre image à l’étranger. La défiance s’est emparée des entrepreneurs, ceux-là même qui auraient dû être choyés quand la récession menace. Parce que seule la prise de risque de l'entrepreneur peut créer les emplois dont les Français -et nos jeunes- ont tant besoin…
 
Une gauche sociale-démocrate avait été élue pour apaiser le corps social, redonner espoir à la jeunesse, favoriser l’initiative et ouvrir des espaces de liberté : après six mois, elle avait laissé se creuser un fossé sans précédent entre les secteurs public et privé. C’était intenable. Le Président a heureusement sifflé la fin de cette partie...
 
Soutenir les entreprises qui investissent c'est soutenir l'emploi et accroître nos chances de rétablir les comptes. C’est dire si le cap présidentiel était nécessaire et même vital. Pourra-t-il être tenu malgré le scepticisme d’une partie de la majorité, qui y voit des concessions excessives au patronat ? …
 
Le gouvernement devra d’abord réussir l’union nationale derrière le redressement économique, seul gage de notre souveraineté. Pour croître, nous n’avons plus le choix : il nous faut redevenir compétitifs. Le crédit d’impôt, rapide et sans contreparties en soutien à l’emploi peu qualifié, la stabilité fiscale sur le quinquennat, le soutien à l’épargne de long terme et des simplifications administratives massives sont nécessaires…
Plus généralement, il faut  inciter à l’investissement dans les PME et les activités innovantes exposées à la concurrence internationale plutôt que d’entretenir de coûteux et artificiels dispositifs d’incitations fiscales supposés aider l’outremer ou l’immobilier. Nous ne parviendrons à rien en ménageant les vieilles rentes
 
Pour soutenir la création de valeur, il faut aussi en finir avec la culture de méfiance qui prospère dans le secteur public : chaque administration, chaque échelon de gouvernance, doit se mettre au service des entreprises, grandes ou petites, en troquant ses habitudes de contrôle pour des logiques de partenariat... Dans le domaine budgétaire ensuite, l’exécutif devra désendetter sans faiblesse mais avec méthode. Cela implique de vrais choix : assez d’émiettement de l’action publique, concentrons nos moyens sur les politiques prioritaires. Le gouvernement devra commencer par reprendre la main sur le processus budgétaire lui-même... les arbitrages se résument si souvent à la demi-somme de positions contradictoires…
 
La réforme du secteur public est ainsi plus nécessaire que jamais, tant pour réduire les coûts que pour améliorer la qualité du service. François Hollande l’a dit : on peut faire mieux avec moins. Pour économiser 60 milliards de dépenses publiques, il faudra que les collectivités territoriales prennent leur part, ce qui signifie définir des priorités collectives sans que les différents niveaux de "compétence générale" viennent annuler ces choix. Et puis repenser l’équilibre de nos transferts sociaux
 
Il est possible de passer des 3D qui nous plombent – déficit, dette et défiance – aux 3C qui permettront le redressement : constance, croissance, confiance. Constance dans le cap affiché par le Président avec l’avènement d’un Etat plus stratège et moins glouton. Croissance fondée sur une politique de l’offre suscitée par l’investissement. Confiance des entreprises, des épargnants et des salariés ; et confiance en l’Europe, plus que jamais notre planche de salut dans la mondialisation : l’Allemagne nous tend la main, saisissons-la ; le fédéralisme permet des économies budgétaires, construisons-le…
 
Le destin historique de François Hollande, celui de fédérateur entre première et deuxième gauche…Le changement dont le Président de la République est porteur n’est pas seulement celui qui résulte de la victoire de la gauche sur la droite. Il est … aussi celui d’une réinvention de la gauche. L’enjeu est immense : il s’agit … d’engager enfin, et de façon irréversible, la gauche française sur la voie d’une social-démocratie moderne, pro-croissance et donc pro-entreprises et pro-européenne."
 
Voilà exactement le thème de nos blogs. Les Gracques (avec le soutien de Hollande ?) ont choisi le camp de la « social-démocratie moderne ».
Si l’on comprend bien, la « deuxième gauche » n’est pas moderne, ne contribue pas à  la croissance, est hostile à l’entreprise et reste anti-européenne. Belle découverte.
Il y en a, au gouvernement et au parti (sans parler, évidemment, des alliés électoraux) à qui cela va faire plaisir !
Contrairement à ce que laisse penser le spectacle pitoyable donné en ce moment par la droite, nous persistons à penser que la lutte finale opposera bien la droite de la gauche à  la gauche ... de la gauche.
Vous voyez que ce n’est pas inintéressant ce que disent Les Gracques…

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