Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

samedi 6 octobre 2012

LE RÊVE DÉSENCHANTÉ

Nous pensions consacrer cette chronique à un premier inventaire des promesses de campagne qui ont été " revisitées ", comme l’on dit aujourd’hui. Expession qui permet d’éviter de parler de reniements.
La liste est déjà longue mais, comme au catéchisme, il faut distinguer entre les péchés capitaux et les péchés véniels.
Commençons par les trois bouleversements fondamentaux qui rendent largement caduc le projet de François Hollande.
1/C’est vrai, a-t-il fini par reconnaître, nous traversons une grave crise, la plus grave depuis les années 1930, qui est internationale et qui nous frappe directement. Donc, Sarkozy parti et ses réformes annulées, on peut désormais invoquer la crise. Celle-ci, dont on continue à dire qu’elle ne justifie pas les déficits et le chômage passés (c’est l’héritage), explique maintenant les difficultés à venir, qui empêcheront le pouvoir de tenir ses propres engagements.
Pourtant, Hollande répétait qu’il était " préparé " et qu'il avait tout " anticipé "...
2/Oui, il y a bien un problème de compétitivité des entreprises françaises. Enterrée la théorie de la compétitivité " hors-coûts " (c’est-à-dire  prenant en compte les seuls  facteurs liés à la capacité d’innovation, à la formation, à la recherche, bref à l’environnement économique). Hollande a fini par reconnaître que la difficulté provient essentiellement du coût du travail, en raison des charges sociales et fiscales excessives qui pèsent sur les entreprises. C’est une révolution !
Du coup, on reprend l’idée sarkozienne d’un transfert d’une partie de ces charges vers l’impôt. Evidemment, cette conversion ne va pas jusqu’à proposer de rétablir la TVA sociale…enfin, pas encore. Reste donc la CSG.
Dommage, car comme l’avait si bien démontré Manuel Valls, la TVA sociale n’aurait eu qu’un impact limité sur les prix (de l’ordre de 0,30%, l’année de son application) et aurait favorisé les produits made in France au détriment des produits importés. Augmenter la CSG amputera, en revanche, le pouvoir d’achat de tous les salariés et retraités. Il ne faut pas perdre la face…
3/Non, le traité budgétaire signé par Nicolas Sarkozy, le Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, n’a pas été renégocié mais il va être ratifié. Tout le reste est de la poudre à gogos…
Ces trois conversions changent totalement la donne.  En comparaison, les  autres reniements, artifices, et reculades apparaissent mineurs mais ils sont révélateurs.
Nous avions prévu de parler de l’abandon des récépissés qui devaient être délivrés lors de contrôles d’identité.
De l’engagement unilatéral de mettre fin au cumul des mandats, auquel tous les élus socialistes s’étaient engagés avec une date butoir fixée au 30 septembre, qui n’a pas été respectée.
Des promesses non tenues sur des plans sociaux déclarés inacceptables pendant la campagne que l’on tente, au pouvoir, simplement d'adoucir.
Des artifices utilisés pour cacher une reculade : blocage des prix de l’essence, remplacé par une baisse des taxes de 3 centimes, pendant un mois, dont le seul effet est de coûter 100 millions à l’Etat ; doublement du plafond du Livret A qui devait être effectif dès la prise de fonction et qui a été limité à un relèvement de 25%.
Des cafouillages comme celui en cours sur la taxation des plus-values sur cession d’entreprises…
Et aussi de ce qu’il faut bien appeler des gros mensonges :
Comme l’affirmation selon laquelle un français sur dix seulement serait touché par les hausses d’impôts alors que tous les économistes et fiscalistes, de droite comme de gauche, disent que ce sera au moins trois sur quatre;
Comme l’annonce d’une baisse des dépenses de l’Etat de 10 milliards alors qu’en réalité les dépenses ne baisseront pas en 2013 ! La vérité, est que sans les économies réalisées, réelles mais très insuffisantes, l'augmentation aurait simplement été plus élevée  de 10 milliards ! Ce n’est pas la même chose et cela prouve bien que le gouvernement n’a procédé à aucune réforme structurelle de l’Etat…
Comme la baisse du déficit public à 3% du PIB en 2013, avec une hypothèse de croissance de 0,80 % à laquelle personne ne croit, sauf à prendre de nouvelles mesures de rigueur en cours d’année…
Mais vous avez pu lire tout cela dans la presse. Travestir la vérité ou ne pas tenir ses engagements, est monnaie courante en politique et, de ce point de vue, Hollande est bien devenu un président normal… D’ailleurs, franchement, ces… " infléchissements " nous paraissent plutôt une bonne chose. Tant pis pour ceux qui se sentiront trahis : les promesses, c’est bien connu, n’engagent que ceux qui les reçoivent !
Ce qui nous a  vraiment poussé à intervenir aujourd’hui c'est une déclaration de Montebourg, largement passée inaperçue et surtout peu commentée, pourtant véritablement énorme (même venant de lui), scandaleuse pour tout dire.
Qu’a-t-il dit ? Qu’il avait demandé de  « faire cesser » toute collaboration de l’Etat avec la Banque Lazard « à l’avenir » de manière à ne plus se retrouver en « difficulté » (vidéo Médiapart). Et il va plus loin : « J’ai demandé au chef de service de l’Agence des participations de l’Etat … que l’ensemble des banques fassent l’objet d’un contrôle de conflit d’intérêt de manière à ce que je ne sois pas en situation de difficultés, même politique, parce que, là je l’ai été politiquement.»
On se souvient que certains avaient critiqué le choix de la Banque Lazard pour conseiller le gouvernement dans la création de la future Banque d’investissement au prétexte que sa compagne, Audrey Pulvar, avait été embauchée comme directrice du magazine  "Les Inrockuptibles" dont le propriétaire est Mathieu Pigasse, également directeur délégué de la banque Lazard en France.
Montebourg aurait pu légitimement, et courageusement, faire valoir que les conjoints des politiques ont droit de poursuivre leur propre carrière lorsque leur compagnon, ou compagne, devient ministre. Après tout, on sait que l’on peut être proche du sommet de l’Etat et travailler dans un hebdomadaire français d’actualités et d’images. A nos yeux cela est sans grande importance et Dame Audrey a déjà été contrainte de cesser de travailler pour " France 2 " lorsqu’Arnaud Montebourg est devenu ministre. Est-ce juste ?
Et Lazard a remporté le marché à la loyale. Est-ce critiquable ?
Alors où est le scandale ?
Relisons la déclaration du ministre du redressement productif : il veut que dans l’hypothèse où la collaboration avec une banque-conseil de l’Etat serait susceptible de lui poser un problème politique de conflit d’intérêt, à lui personnellement, cette banque soit écartée de toute prestation au profit de l’Etat ! On rêve…
Le plus grave n’est sans doute pas la déclaration elle-même (comme on connaît ses saints on les honore) mais que ni le Président, ni le Premier ministre ne l’aient recadré.
Cesser toute collaboration susceptible de ME créer des difficultés politiques !!!
Une " République irréprochable " était également un engagement de Hollande.
Espérons que celui-là au moins il le tiendra.

Aucun commentaire: