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vendredi 26 octobre 2012

LE PARI DE HOLLANDE

 
Vous trouvez que la potion fiscale est décidemment bien rude ? Vous n’êtes pas le seul. Mais vous pensez que c’était nécessaire pour ramener notre déficit budgétaire sous la barre fatidique des 3 % ? Il n’y a plus que vous pour y croire…
Le budget 2013, conçu en fonction de cet objectif, qui n’est même pas encore voté par le Parlement, reposerait donc sur un gros mensonge ? Assurément !
Malgré les 10 milliards d’économies et les 20 milliards d’impôts supplémentaires (30 milliards d’impôts en réalité, si l’on tient compte des effets décalées des mesures déjà prises juste avant les présidentielles, puis immédiatement après), le compte n’y est pas.
 
A qui la faute ?
 
Pas à la crise, puisque Hollande a été élu sur le credo qu’elle n’était pas la cause de nos malheurs.
Pas plus au bilan, puisque ce budget, c’est le sien et qu’il n’a cessé de répéter qu’il était " prêt " et qu’il avait " tout anticipé ".
Pas à l’Europe non plus, puisqu’il a obtenu le fameux pacte de croissance qui lui a permis de justifier la ratification du pacte budgétaire.
C’est donc bien la faute du gouvernement qui a commis deux erreurs, simples pourtant à comprendre.
La première a été la croyance, fortement ancrée chez Hollande, que la croissance allait revenir. D’où  l’annonce que nous étions « tout près d’une sortie de la crise de la zone euro », d’où la construction du budget 2013 sur une hypothèse de croissance de 0,80%, d’où la promesse du début de la décrue du chômage en 2013.
La seconde erreur a été le choix des hausses d’impôts plutôt que de la baisse des dépenses pour réduire le déficit budgétaire.
Revenons aux 30 milliards : avec 10 milliards de baisse des dépenses et 20 milliards de hausse des d’impôts on devrait bien réduire le déficit de 30 milliards. Mais ce n’est pas si simple.
D’abord les 10 milliards d’économies. Nous avons déjà vu dans une précédente chronique qu’il ne s’agissait pas vraiment d’une baisse mais d’une moindre hausse de la dépense publique. En d’autres termes, sans ces " économies " les dépenses auraient augmenté de 10 milliards de plus. Tandis qu’avec ces " économies " elles n’augmenteront que très légèrement par rapport à 2012. Désagréable à entendre, compliqué à comprendre, mais vrai. Nous ne dépenserons pas moins en 2013 qu’en 2012 !
Ensuite, les 20 (ou 30) milliards d’impôts supplémentaires sont pour le moins aléatoires.
L’avantage des économies de dépenses c’est que, lorsqu’on annule un crédit budgétaire de 100 (par exemple en diminuant les frais de représentation dans les ministères, les préfectures, les ambassades, ou en diminuant les subventions aux associations, ou en réduisant le nombre des conseillers généraux, des fonctionnaires) on est certain de réaliser 100 d’économies.
Mais quand on décide d’une hausse d’impôts de 100, rien ne garantit que la totalité de cette somme aille effectivement  dans les caisses de l’Etat. Quelques exemples.
On a prévu de gagner 4,5 milliards avec la suppression de la détaxation et de la défiscalisation des heures supplémentaires, mais les employeurs ne vont-ils pas en réduire le nombre, surtout en l’absence de croissance ?
L’avantage fiscal sur les employés à domicile va être réduit, les ménages ne vont-ils pas compenser le surcoût par une moindre embauche d’employés à domicile ?
Quant aux surtaxes sur les grandes entreprises, les plus-values sur le capital, la hausse de l’ISF et les tranches de l’impôt sur le revenu à 45% et 75%, n’en a-t-on pas surestimé le rendement si l’on considère qu’en période de récession les bénéfices diminuent, que les pigeons, mais surtout les ramiers, voyagent et qu’un bon comptable sait jouer de " l’optimisation fiscale " comme l’on dit pudiquement (après tout il suffit d’attendre des vents meilleurs avant de vendre pour éviter les plus-values).
Quoi que l’on fasse, il y a deux règles qui s’imposent : moins de croissance c’est moins d’impôts et l’impôt tue l’impôt. Nous, nous avons les deux (1).
Que peut donc faire le gouvernement ?
Ne pas respecter les 3% ? Impossible de revenir sur un engagement aussi ferme, ce serait ouvrir une crise de confiance sur les marchés, perdre les deux triples A qui nous restent, voire quelques A de plus, c’est à dire payer plus cher pour refinancer notre dette…
Rajouter des impôts supplémentaires ? Le taux de déperdition sera encore plus élevé et cela agirait négativement sur la croissance…
S’attaquer enfin sérieusement aux dépenses des administrations publiques ? Ce serait effectivement la bonne solution. Mais pour que la réduction soit significative et qu’elle ne pèse pas trop sur la croissance, il faudrait qu’elle s’accompagne d’une vraie réforme de l’Etat, des collectivités locales et de la protection sociale.  Hélas, ces programmes ne figurent pas dans le logiciel de Hollande…
 
Alors ? Eh bien, on va mettre deux cierges.
Premier cierge pour que l’Europe soit contrainte de prendre elle-même l’initiative d’étaler le calendrier de retour à l’équilibre budgétaire. Mais pour cela il faudrait que l’Allemagne soit à son tour menacée de récession, ce qu’elle ne saurait accepter en année électorale. Mais ce n’est pas encore le cas : pour l’instant on lui prédit 1% de croissance en 2013. Même si cela arrivait, il y aurait une condition préalable : engager d’importantes réformes structurelles, non seulement sur le budget, mais aussi sur le droit du travail, sur les retraites, etc. On l’a vu, ce n’est pas le plan B de Hollande.
Le second cierge, pour que Hollande ait raison contre tout le monde et que le miracle d’un retour rapide à la croissance se produise. Après tout, la principale qualité de Hollande n’est-elle pas la chance ?
« Rendez-vous dans un an, même jour, même heure … on verra. »
 
(1) Pour mesurer l’enjeu, il faut savoir que, selon un consensus quasi général (voir les dernières prévisions économiques de l’OFCE), si la croissance s’établissait à 0% en 2013 au lieu du 0,80% prévu, le " trou " supplémentaire à combler pour maintenir le déficit à 3%  s’élèverait à une vingtaine milliards. Bien entendu, l’adoption d’un nouveau plan d’une telle rigueur entrainerait, à son tour, un recul  supplémentaire du PIB. Retour du sapeur Camembert !

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