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samedi 18 août 2012

LES CENT JOURS

LES CENT JOURS DE HOLLANDE
Le 24 août s’achèveront les cent premiers jours de la présidence de Hollande, entré en fonction le 15 mai 2012. Cet anniversaire nous a inspiré quelques réflexions de vacances.

RÉVOLUTION
On nous avait promis le changement, nous avons eu la révolution.
Oh, pas la révolution mélenchonienne, pas même la révolution Montebourgienne. Non, la révolution copernicienne qui se définit comme le retour au point de départ. Le point étant le 21 avril 2002, et le départ, celui de Lionel Jospin !
Depuis, au lieu d'imaginer la gauche de demain, les socialistes français n'ont qu'une  idée : effacer ces 10 dernières années de haine contre une droite illégitime qui les a injustement privés d'un pouvoir qu'ils s'étaient déjà partagé.
Comme sous la révolution qui, par la profanation des symboles religieux et monarchistes, s'était acharnée à faire disparaître jusqu'au souvenir de ces institutions, le nouveau pouvoir paraît guidé par une seule obsession : supprimer ce qui a été réalisé depuis 2002 pour effacer toutes les traces de cette décennie maudite, avec un acharnement en comparaison duquel la déstalinisation soviétique apparaît comme un doux infléchissement.
C'est qu'il s'agit de remonter le temps pour revenir à 2002. Faute d'avoir des idées pour l'avenir, Hollande se consacre à escamoter le passé. Tout ce qui est intervenu depuis Jospin doit disparaître.
Difficile d’établir un recensement exhaustif, tant la liste est longue : annulation de la détaxation des heures supplé-mentaires, remise en cause de la réforme des retraites (il le fallait bien, il s’agissait d’une profanation des deux réformes emblématiques du gouvernement Jospin : les 35 heures et les 60 ans), suppression de l'allégement de  l'ISF, relèvement  des droits de succession, remise en cause de la loi Hadopi sur le téléchargement illégal, annulation des  baisses des charges sur les entreprises, retrait des mesures contre l'immigration clandestine et contre la délinquance. Cela va jusqu'aux comportements et aux symboles : le train au lieu de l'avion, les conférences de presse à l'Hôtel de la Marine plutôt qu'à l'Elysée, le rétablissement du fromage au menu des repas officiels de la République...
Le changement, c'est  donc "retour sur le passé"...

ETAT DE GRACE
Il est un journal dont nous saluons régulièrement la parfaite objectivité, tout particulièrement à l’égard de Hollande, candidat puis président, et qui se complait, depuis des années à publier des articles sur le thème : « Jamais un président n’avait été aussi bas dans le jugement des français. » En remontant le temps, et les archives, nous avons trouvé ce titre, à la virgule près, sur Chirac dès 1997 et sur Sarkozy à partir de 2008. Le parfait « marronnier » !
Il est donc surprenant qu’il ne se soit pas intéressé à l’enquête de l’IFOP parue à la fin des cent jours de Hollande. Pourtant le titre était tout prêt : « Jamais un président n’a été aussi bas, trois mois à peine après son élection. »
C’est, en effet, ce qui vient d’arriver à Hollande avec 46% de satisfaits contre 54% de mécontents. A Libération, puisque c’est de ce journal dont il s’agit, nous avons, plusieurs jours après, fini par trouver ces deux seuls chiffres, sans détails ni commentaires, en une seule ligne, à l’intérieur d’un article intitulé  « 100 jours sans vague »). C’est ce que l’on appelle un choix éditorial.
Au-delà des chiffres, il faut relever un paradoxe : dans cette étude, les français reconnaissent que Hollande a tenu une bonne partie de ses engagements et plébiscitent le retrait d’Afghanistan, l’encadrement des loyers, le retour de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, l’augmentation du Smig. Ils devraient donc être contents.
Il est vrai que cela coince du côté de la suppression de la détaxation des heures supplémentaires (75% des ouvriers condamnent) et de l’augmentation des droits de succession (64% de l’échantillon n’est pas d’accord). Le coup de la hausse « juste » des impôts qui ne toucherait que « les riches et les ménages aisés » a donc fait pschitt.
Mais ce qui mérite réflexion, c’est la réponse des français sur la confiance qu’ils accordent au président et au gouvernement sur les sujets essentiels : 40% pour trouver une solution à la crise de l’euro, 33% pour réduire la dette et les déficits publics, 31% pour lutter efficacement contre la désindustrialisation et 27% pour faire reculer le chômage.            
Si vraiment les cent premiers jours d’une présidence se caractérisent par un état de grâce, cela promet pour les 1725 jours qui restent avant la fin du quinquennat !

LE HIT PARADE DES MINISTRES
En ce mois olympique nous avons choisi d’honorer d’une médaille trois ministres du gouvernement qui se sont particulièrement illustrés pendant les cent jours.
La médaille d’or à Montebourg, ministre destructif. On le savait flamboyant mais c’est un feu d’artifice qu’il nous a offert. Tout le monde se souvient de ses moulinets contre le plan de restructuration de PSA, des injures à l’égard de la direction et l’humiliation de la famille actionnaire de Peugeot-Citroën avant d’en rabattre et d’indiquer qu’il se satisferait de quelques emplois sauvés (« même un serait une victoire »).
Depuis, Don Quichotte s’est attaqué à d’autres moulins, ceux de la mondialisation. Il a donc demandé à Bruxelles une « mise sous surveillance » des véhicules importés de Corée du sud. Cette procédure est effectivement prévue dans l’accord commercial signé par ce pays avec l’Europe. Elle permet de prendre des mesures de sauvegarde en situation de déséquilibre excessif des échanges commerciaux, ce qui est indiscutablement le cas, et pourrait aboutir à instituer une autorisation préalable aux importations, voire à l’instauration de droits de douane.
Les constructeurs européens sont contents ? Pas vraiment, notamment Renault qui fait construire certains de ses modèles en Corée, par sa filiale Samsung Motors et qui serait donc pénalisée.
Les constructeurs coréens sont  furieux ? Pas tellement, notamment Kia qui produit en Europe la moitié des véhicules vendus en France et qui ne serait donc pas touché.
Bah ! C’est un jeune ministre et il a le temps d’apprendre…
Au moins, il aura mis en place un plan d’aide à l’automobile propre qui devrait donner un coup de fouet aux voitures électriques construites par Peugeot et Citroën, grâce à l’augmentation du bonus.
Mais, décidemment, rien n’est simple. Quelques temps après, la société Mitsubishi annonce qu’elle « interrompt l’approvi-sionnement du groupe PSA en voitures électriques car il doit ajuster ses stocks. » Ce qui signifie :
Primo, que les voitures  Peugeot  ION et Citroën C-Zéro sont fabriquées au Japon et que c’est donc son industrie qui profitera du bonus.
Secundo, que ces voitures sont un véritable fiasco commercial (seulement 550 immatriculations au premier semestre) et les stocks si élevés que les japonais préfèrent suspendre les livraisons.
Espérons que les vacances, qui l’ont rendu silencieux, auront convaincu Montebourg  de la nécessité de travailler les réalités de la mondialisation avant de parler et, si possible de mesurer toutes les conséquences avant d’agir.
La médaille d’argent à Taubira, ministre des droits des délinquants, naïveté érigée en idéologie.
Les délinquants sont des victimes et il faut les comprendre plutôt que de les sanctionner et leur donner une chance de s’amender plutôt que de les punir.
Pour qui a été la première visite de la Garde des sceaux ? Pour des détenus. Elle considère qu’il y a trop de monde en prison, donc elle va supprimer les peines plancher pour récidivistes, les tribunaux correctionnels pour mineurs, renoncer à construire le centres éducatifs fermés qu’elle préfère ouverts. Inutile d’augmenter les places de prison, il vaut mieux ne pas exécuter les courtes peines.
Message reçu : un détenu a profité de cette première visite ministérielle pour s’évader. Une place libérée…
Nous vous disions que Jospin était de retour. Lui, il lui aura fallu cinq ans pour reconnaître sa naïveté. Avec Taubira,  il est    peu probable qu’elle ne reconnaisse jamais une erreur. Elle possède donc toutes les chances de ravir la médaille d’or à Montebourg que l’ambition illimitée conduira inévitablement à composer.
La médaille de bronze pour Valls, le bien nommé, ministre qui donne le vertige.
Difficile, en effet de suivre son tempo : un pas à gauche, un pas à droite, un pas en avant, un pas en arrière…
A gauche, l’épuration antisarkosyste des directeurs relevant de son ministère, l’assouplissement des règles de détention des illégaux, l’effondrement des reconduites à la frontières des sans-papiers.
A droite, le démantèlement des camps des Roms avec une brutalité qui fait passer Guéant pour un bisounours.
En avant, l’annonce de conditions moins exigeantes pour l’obtention de la nationalité française.
En arrière, la reculade sur le principe de la délivrance d’un récépissé lors des contrôles d’identité.
Bref, il se construit méthodiquement une image personnelle et originale. Il a compris que pour passer de l’intérieur à l’Elysée, il n’y avait qu’une vingtaine de mètres à franchir pour traverser la place Beauvau. En cent jours, il a conquis le titre de « Sarko de gauche ».

AVIS DE RECHERCHE
Il ne s’agit plus de distribuer des médailles mais de retrouver une personne  « portée disparue ».
Nous avions un Premier ministre. On avait même compris que « moi, président… », ce serait lui qui mènerait et conduirait la politique de la nation. Vous vous souvenez, sans doute, de son nom, il s’appelle Ayrault. De ce qu’il a fait pendant cent jours, c’est moins sûr. Plus inquiétant encore, depuis de longs jours nous sommes sans nouvelles de lui. Il a été signalé, pour la dernière fois, il y a une dizaine de jours, du côté de Sarzeau (Bretagne, Golfe du Morbihan). Il y faisait, selon des témoins, son marché.
Jadis, François Fillon s’était interrogé sur l’utilité d’un premier ministre. L’actuel est tellement normal qu’il est devenu invisible…

IL Y A DES CACTUS À BREGANÇON
Hollande a dû se sentir piqué par la déclaration de Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste, suite à la décision du conseil constitutionnel de ne pas conditionner la ratification du pacte budgétaire européen à une réforme préalable de la constitution. « En ratifiant ce traité - déclare-t-il à Corse matin - nous serons pieds et mains liés. Le pacte budgétaire prévoit une austérité drastique avec des sanctions automatiques pour les pays qui qui ne respecteraient pas la réduction de leur déficit public. C’est dramatique ! »
Et d’appeler « toutes les forces de gauche » à « s’opposer à cette ratification ».
Il n’a, probablement, pas encore pris connaissance de la version renégociée du traité …

ROMS, OBJETS DE RESSENTIMENTS
Autre épine pour Hollande. Pendant que Valls démantèle les campements Roms et les renvoie dans leurs pays, le malaise grandit à gauche.
C’est le secrétaire national du Parti de gauche, Eric Coquerel, qui accuse le gouvernement de se « mettre dans les pas du précédent. »
C’est le porte-parole des écologistes, Philippe Magnin, qui affirme que le démantèlement de campements de Roms « contredisent brutalement une des promesses du président Hollande qui s’était engagé durant la campagne à ne pas expulser de familles Roms sans leur apporter de proposition de relogement. »
C’est le député socialiste, Pouria  Amirshahi, qui déclare que démanteler les camps des Roms ne sert à rien et ne fait que déplacer les problèmes » et qui condamne  « le fait d’aborder ce sujet sur le seul angle de la répression policière. »
Il est vrai qu’il est député des français de l’étranger établis en Afrique du Nord et de l’ouest et que ses électeurs ne risquent pas de voir des campements Roms à leur porte…
Ce qui n’est pas le cas des maires socialistes de Villeurbanne, Gonesse, ou Roubaix qui ont officiellement apporté leur soutien à Manuel Valls, justifiant sa politique par les « conditions d’insalubrité intolérable pour ces personnes, en particulier avec des enfants, et les tensions croissantes avec les populations avoisinantes jusqu’à menacer la vie en collectivité. »
Relisez bien cette dernière phrase. Imaginez maintenant  qu’elle ait été prononcée par Nicolas Sarkozy…
Qui, déjà, avait vilipendé la droite, dont la politique de « stigmatisation » des Roms « rappelait les heures les plus sombres de notre Histoire ? »


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