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vendredi 27 juillet 2012

REDRESSEMENT


Le redressement, il y a des maisons pour cela. La tolérance aussi, mais ce n’est pas là qu’habite Montebourg.
Le Groupe PSA-Peugeot-Citroën se voit contraint d’appliquer un plan de Restructuration (ne pas confondre avec Redressement !) comportant, notamment, la fermeture de l’usine d’Aulnay et près de 8.000 suppressions d’emplois.
Que croyez-vous que fut la première réaction du gouvernement ? Haro, sur les dirigeants et l’actionnaire familial. Que n’ont-ils pas entendu !
De Montebourg : « Nous n’avons pas une confiance extraordinaire dans ce que nous dit la direction de Peugeot ». Il les soupçonne de « jouer aux malades imaginaires » et met en cause « les comportements des actionnaires qui se sont distribué des dividendes. » En prime, ces deux mots qui marqueront au fer rouge Peugeot mais aussi toutes les grandes entreprises : « dissimulations » et « mensonges ».
Peugeot aura, au moins, reçu des encouragements du chef de l’Etat ? Eh bien, non ! Au contraire, quelques mots sanglants et humiliants. Hollande a jugé « inacceptable, le plan de restructuration du constructeur (comme avec Sarkozy, quand il n’aime pas, il ne prononce pas le nom). »  « L’Etat ne laissera pas faire » a-t-il annoncé, précisant qu’il souhaitait que le plan soit « renégocié » (décidemment, cela devient une obsession). Il a, lui aussi, prononcé le mot de « mensonge » à l’égard de l’entreprise qui aurait gardé le secret de ce plan depuis un an.
Deux mots, d’abord, sur l’acte d’accusation. Les dividendes ? Peugeot n’a pas distribué de dividendes au titre des exercices 2008 et 2009, années de pertes et 200 millions pour l’exercice 2010, année bénéficiaire. Est-il scandaleux de payer les actionnaires une année sur trois ?
Evidemment le principal actionnaire, la famille Peugeot a touché 78 millions,  ce qui est, beaucoup si l’on ne réfléchit pas en termes capitalistiques… Mais alors, pourquoi ne pas dire qu’elle a réinvesti dans l’entreprise  133 millions l’année suivante ?
Quant à la théorie du mensonge sur le secret bien gardé (qui fait inévitablement penser aux théories du complot développées pendant la campagne présidentielle) : voilà un Président qui se prépare depuis deux ans à gouverner - c’est lui qui le dit - entouré des « meilleurs économistes de France » (id.), et qui ne s’est pas demandé pourquoi, ces douze derniers mois, le titre PSA a perdu 75% de sa valeur ? Inquiétant…
Passons ! Connaissez-vous un seul pays au monde où l’un des plus grands groupes industriels de renommée internationale, dont le nom contribue au prestige  national, serait traité de la sorte, avant même que l’expertise demandée n’ait été effectuée ?
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Montebourg vient de nous sortir un plan formidable. Pas de «  Restructuration », non, de « Dynamisation » de l’industrie automobile française. De fait :
-il n’est pas cher : moins de 200 millions au total,
-il exclut de nouvelles « primes à la casse »,
-il prévoit un nouveau « bonus écologique », plus élevé, réservé aux seules voitures « propres ».
Autant dire pas grand-chose. Pourtant, c’est une excellente nouvelle. La preuve que la gauche commence à comprendre !
Pas cher ? Le message de la contrainte budgétaire est passé.
Pas de prime à la casse ? Bravo, on a enfin compris que c’est un fusil à un coup qui augmente les ventes l’année où elle est appliquée et les diminue les années suivantes ? Parce que si le croissant coûte moins cher on en mangera peut-être deux, mais si l’on économise 1.000 ou 2.000 euros on ne rachètera pas une nouvelle voiture l’année d’après.
On revoit le bonus/malus lié au volume de C02 émis ? Parfait exemple de ce que Monsieur Delors appelait un piège à con. Quels sont les véhicules qui polluent le moins ?  Les plus petits, évidemment. Quelles sont les voitures qui dégagent le moins de marge bénéficiaire ? Les petites, bien entendu. Comment produire des petites voitures sans perdre de l’argent ? C’est clair, en le faisant fabriquer dans des pays « Low cost ». C'est-à-dire, en délocalisant.
Alors, oui, Hollande et Montebourg ont raison : Peugeot et sa famille capitaliste ont commis une grave erreur stratégique : fabriquer près de 50% des voitures en France alors que Renault n’en fabrique que 24%.
Maintenant regardons l’actionnariat : la famille Peugeot possède 25% du capital. Qui est le premier actionnaire de Renault ? L’Etat avec 15% du capital. Surprenant ?
Quelle est l’autre grande entreprise qui porte haut le pavillon de la France ? Air France bien sûr. Quel est le premier actionnaire d’Air France ? Oui, l’Etat, avec 15,7%. Que fait Air France ? Un plan social avec 5.122 suppressions d’emplois. Que dit l’Etat ? Rien…
Quelle est donc la différence entre Peugeot et Air France ? La première a des actionnaires familiaux, capitalistes, la seconde a des fonctionnaires à son conseil d’administration. Donc, on tape sur les premiers et on oublie les seconds. Air France, pas touche ! Surtout que, pendant des décennies, la compagnie a été dirigée par des socialistes bon teint, même sous Sarkozy.
Cette histoire a deux morales.
Une négative : Il serait exagéré de dire que le monde industriel, français et étranger, a apprécié le cirque populiste et idéologique du pouvoir contre les grandes entreprises. On pourra toujours les appeler ensuite au patriotisme économique mais il faudra trouver mieux que Montebourg.
Une positive : ils commencent à comprendre. On peut  enfin parler avec la famille Peugeot et le gouvernement admet maintenant la nécessité d’un plan de Restructuration. Il se fera donc et les suppressions d’emplois auront bien lieu. Il y aura, bien sûr, la direction du groupe l’avait déjà annoncé, des mesures d’accompagnement et des aides à la reconversion. On limitera l’annonce de licenciements « secs » et l’on pourra dire que le Plan a été renégocié, comme la France a renégocié le pacte budgétaire européen. Parfait !
Ce que l’on va appeler le « plan Montebourg pour l’automobile » aura, à court terme un impact nul sur le redressement industriel du secteur automobile.
Mais, pour la première fois depuis 100 jours, le gouvernement regarde vers l’avenir. Evènement considérable ! L’aide à la voiture propre, c’est déjà demain.
Dommage que l’on n’ait pas nommé » Montebourg au « Redressement écologique » !
PS. Ce matin, sur Europe1, Montebourg déclare : « Pour moi, un emploi sauvé, c’est déjà une fierté. S’il y en a 100, s’il y en a mille c’est gagné. Ce qui m’importe c’est de limiter la casse. » Après les chefs d’entreprises, ce sont maintenant les syndicats qui vont l’adorer…

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