Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

vendredi 13 juillet 2012

LE MOT LE PLUS LONG

Jadis, nos présidents laissaient une trace de leur passage par la réalisation d’un grand projet architectural et culturel. C’est ainsi que Pompidou nous a laissé le centre Beaubourg, Giscard le Musée d’Orsay, Mitterrand la Pyramide du Louvre (sous son premier mandat) et la très Grande Bibliothèque (sous son second mandat). Ce n’est plus possible aujourd’hui, rigueur budgétaire oblige. Il leur reste, malgré tout un autre moyen de marquer leur quinquennat : réviser la constitution.
C’est ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy avec loi constitutionnelle du 23 juillet 2009. Cette révision, approuvée par le congrès, donc avec les voix de l’opposition, a profondément remanié notre constitution pour moderniser la pratique parlementaire et démocratique. Elle n’est donc pas remise en cause par le nouveau pouvoir (Nous n’évoquerons pas ici la deuxième révision du précèdent quinquennat, celle du 4 février 2008, car elle était imposée par la ratification du traité de Lisbonne).
Les socialistes ont trouvé une autre technique : reproduire dans la constitution telle ou telle loi existante ou, au contraire, supprimer un mot qui figure dans notre constitution mais qui n’est plus considéré comme politiquement correct.
Quand Hollande et Ayrault ont annoncé qu’ils constitutionnaliseraient la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ainsi que l’obligation de négocier avec les partenaires sociaux, avant l’examen par le parlement de toute loi concernant les « sujets sociaux », nous avons spontanément pensé à un jeu, à qui trouverait le mot le plus long de la langue française. Il est admis que c’est « anticonstitutionnellement », avec 25 lettres. « Constitutionnaliseraient », c’est pas mal non plus, mais insuffisant, 24 lettres seulement. Avec l’annonce qu’ils « déconstitutionnaliseraient » le mot « race », ils ont battu le record, 26 lettres !
Pourtant, on aurait tort de n’y voir qu’un jeu, cela répond sûrement à un objectif plus sérieux. Mais lequel ?
Pourquoi inscrire dans la constitution une loi qui a réglé, il y a 107 ans, la très délicate question de la laïcité, au risque de réveiller de vieux démons. Y a-t-il un lien avec le droit de vote des étrangers ou le retour d’une vielle obsession de la gauche ? D’autant plus que le principe de laïcité est explicitement énoncé dans la déclaration des droits de l’homme (qui remonte à 1789 !) et dans le préambule de la constitution de 1946 et que ces deux textes font partie intégrante de notre actuelle constitution, avec la même force juridique.
Pourquoi mettre au rang d’une règle constitutionnelle une pratique de dialogue social qui relève de la responsabilité gouvernementale ? Si le dialogue "social" (7% des slariés français sont syndiqués) se justifie avant le vote d’une loi, pourquoi réserver cette disposition aux seuls syndicats et non à d’autres institutions, par exemple aux associations familiales pour les lois qui concernent la famille, ou aux collectivités locales pour les lois de décentralisation ?
Mais, surtout, n’est-ce pas une atteinte au rôle, et à l'honneur, du parlement qui est le seul représentant du peuple et donc le mieux placé pour défendre toutes les catégories de Français. Une marque de défiance ?
Quant au mot « race », nous y avions consacré une chronique dans notre blog précédent (cf. http://www.agv-solferino2012.com/2012/03/ta-race.html). Nous ne trouvons pas d’autre justification qu’une satisfaction donnée à notre élite intellectuelle et bienpensante. Ou alors c’est bien pour le mot le plus long !
Pourtant, s’il faut absolument réviser la constitution, il y a un sujet qui s’impose et qui correspond à un engagement de la France, c’est la règle d’or.  Seulement, cela ne plait pas à  François Hollande, précisément en raison du caractère contraignant. Il préfèrerait une loi organique qui aurait la même force juridique que la constitution, enfin « presque ».
Une explication serait que les socialistes veulent utiliser la technique de la constitutionnalisation pour rendre un retour en arrière très compliqué. Pour contraindre une nouvelle majorité en cas d’alternance. Pas très démocratique !
On pourrait, tant qu'on y est, étendre l’exercice aux 35 heures, à la retraite à 60 ans, au taux de la TVA.
Soyons sérieux, un seul sujet justifierait, par sa gravité, une réunion du congrès à Versailles, voire un referendum : celui du « statut » de la Première dame…

Aucun commentaire: