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dimanche 15 juillet 2012

LE LION SORT SES GRIFFES

Le sujet de la semaine c’est, après le temps pourri, les 8.000 suppressions de postes par PSA Peugeot Citroën.
La première réaction a, bien entendu, été de désigner les coupables. Inutile d’aller chercher bien loin, ce sont les dirigeants du Groupe PSA et le précédent gouvernement : le plan était déjà décidé mais on a attendu les élections présidentielles pour l’annoncer.
Belle découverte ! Cela fait un an que la CGT a révélé le contenu de ce plan. Par ailleurs, quelle entreprise annoncerait une telle nouvelle en pleine en campagne électorale, au risque, assuré, de se voir prise en otage et de se trouver dans l’impossibilité de mettre en œuvre un tel plan ?
Mais, à force de hurler contre les patrons et de stigmatiser les entreprises, de les menacer de sanctions et de réglementations diverses, le gouvernement devrait prendre garde : il risque d’accélérer les plans de licenciement, voire de les provoquer. Il est probable, en effet, qu’elles se dépêcheront de licencier pour éviter de se trouver bloquées par ses nouvelles contraintes ou d’être pénalisées financièrement…
Au fait, avec le plan de Peugeot, sommes-nous en face de « licenciements boursiers », comme on l’entend dire ? Si l’on y regarde de plus près, on se rend compte que les actionnaires ont, effectivement, bénéficié d’un traitement particulier ces derniers temps : l’action n’a perdu que 75% de sa valeur depuis 12 mois ! Et dès que le gouvernement a commencé à condamner le plan et annoncé qu’il s’y opposerait, le titre a encore  perdu plus de 7%.
Cette dégringolade a un sens : tout le monde savait, depuis belle lurette, que le groupe PSA allait très mal. Alors, si certains sont surpris, c’est qu’ils sont vraiment bouchés ou, pour paraphraser Moscovici, qu’ « ils n’ont rien foutu. Qu’ils se taisent nom de Dieu ! »  Il n’y a pas que le précédent gouvernement qui savait…
Mais cela n’empêche pas Hollande de s’engager : « Ce plan, je le considère en l’état inacceptable. Il doit être renégocié. »
Il nous refait le coup du traité de stabilité budgétaire qu’il a fini par accepter « en l’état », en contrepartie de belles promesses d’investissements futurs censés relancer la croissance. Selon ce schéma, il finira par accepter le plan de Peugeot contre un programme d’accompagnement limitant les licenciements « secs » et avec des engagements de reclassement. Au final, des sites fermeront et les effectifs seront bien réduits, sans doute plus qu’annoncé aujourd’hui. L’Etat apportera son concours par des aides au chômage partiel et par un plan national en faveur du secteur automobile dans son ensemble. Il aura donc un discours. Les intéressés, eux, auront le sentiment d’avoir été trahis.
En revanche, s’il se risquait à bloquer le plan de PSA, il assumerait la responsabilité de l’aggravation de la situation, ou pire…
Il l'a si bien compris que, pour l’instant, il cherche  surtout à gagner du temps. On va donc continuer à débattre des causes de la crise qui frappe Peugeot et opposer les mauvais choix stratégiques de la direction à l’absence de compétitivité de notre industrie automobile accablée par les charges qui pèsent sur elles. Et l'on finira par reconnaître  que c’est l’addition des deux.
Voici, tout de même, un indice : Peugeot fabrique près de 40% de ses voitures en France, Renault à peine 20%. Renault se porte mieux que Peugeot. Beau sujet de réflexion pour le « redressement productif.»
Longtemps, le slogan de Peugeot était : « Le lion sort ses griffes » Le voici face au dompteur de la mondialisation, Arnaud Montebourg. Qui va se coucher ?
PS. Petit retour en arrière. Lors du second débat entre les candidats des primaires, le sujet des licenciements a été abordé.
Hollande propose de taxer les entreprises « pour rendre le licenciement dissuasif ». Et il  précise : « Il faut de la dissuasion financière.»
« Pour payer quoi ? » lui répond Ségolène Royal.
Hollande : « Je ne crois pas aux sanctions judiciaires ou administratives. »
Aubry : « Tout ne s’achète pas avec de l’argent ! »
Hollande : « Dans une société menée par l’argent, si ! »

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