Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

jeudi 5 juillet 2012

LA VOIX DE SON MAÎTRE

Il nous faut donc parler du discours de politique générale du premier ministre, prononcé le 3 juillet à l'Assemblée nationale.
Le faut-il vraiment? Pas sûr, parce qu'en une heure et demie il n'a dit qu'une seule chose qui mérite d'être notée, la confirmation de la baisse des prévisions de croissance qui avaient servi à l'élaboration du programme du candidat socialiste: 0,30% contre 0,50 en 2012 et 1,2% contre 1,7 en 2013. Évidemment cela complique l'engagement de retour à l'équilibre en fin de mandat. Mais selon Ayrault, "cela n'est pas une surprise, nous étions lucides"...Pourquoi ne pas l'avoir dit alors?
Pour le reste c'est du copier-coller (Cambadélis parle de "décalque exact") des promesses de Hollande. Il n'est pas anormal que le premier ministre soit en phase avec le président, mais quel ennui! Inutile donc de nous attarder sur ce discours, autant relire les 60 engagements du candidat.
En revanche, nous avons eu droit à une magistrale leçon de hollandais (normal Ayrault est prof. de langues) avec vocabulaire et expressions usuelles. On a donc découvert que le mot "rigueur" n'existait pas dans cette langue, ainsi que la ministre de la réforme de l'Etat, Marylyse Lebranchu, l'a appris à ses dépens, qui après avoir prononcé le mot interdit a été contrainte de rétropédaler quelques instants plus tard. "Austérité" existe mais uniquement dans le déni : "Je refuse l'austérité". Pas non plus de « tournant » parce que "Nous avions largement anticipé dans la campagne". Comment fait-on, alors, pour dire que les français vont en baver? C’est simple, on parle d' "efforts". Mais attention, l'effort cela consiste uniquement à "solliciter d'abord ceux qui ont été exonérés de l'effort collectif". Et comme l'homme ne manque pas d'humour, il précise: "Les classes populaires et les classes moyennes seront épargnées". Ravi de sa bonne blague, il rajoute, sous les quolibets de l'opposition: "Eh oui".
On découvre, par la même occasion, que le hollandais se prête bien à la rhétorique, ainsi que les prouvent les déclarations suivantes appelées à devenir cultes:
-"Je sais le temps que l'on perd à force de vouloir en gagner".
-"Ces valeurs qui ne sont pas cotées mais qui pour nous n'ont pas de prix".
-"Au-dessus de l'argent que l'on gagne, il y'a l'estime et la reconnaissance de ses concitoyens".
-"Le patriotisme ce n'est pas fuir la France pour des paradis fiscaux".
-"Cette majorité n'a pas été élue pour trouver des excuses mais pour trouver des solutions".
-Cette belle devise dont il faudra se souvenir: "Non et non, nous ne renonçons à rien".
-Enfin, pour la route, cette magnifique envolée lyrique: "Aucune agence ne notera notre rêve, parce qu'il ne relève que de votre confiance et de celle des français".
Il y a du Raffarin dans cet homme-là ! A-t-il, tout de même, expliqué comment le gouvernement allait rééquilibrer les comptes publiques?
Sur les impôts, il a été clair et nous avons eu droit, à nouveau, à la récitation de la liste exhaustive des hausses à venir. Nous y reviendrons lors de l'examen de la loi de finances rectificative de 2012 qui sera présentée très bientôt au parlement.
Et sur les économies de dépenses? Non, rien de rien...Il faudra donc attendre le vote du budget 2013 à la rentrée. Ce sera l’heure de vérité.
Soyons juste, il y a, tout de même, un domaine où l'on sait  dès maintenant qu'il sera possible de faire des économies, celui du médicament. On disait que Sarkozy rendait les français nerveux. Désormais, il ne sera plus besoin de somnifères. Un coup d'Ayrault et c'est parti pour la nuit...
Franchement, y a-t-il un seul d'entre nous qui aurait écouté le discours et qui n'aurait pas piqué un petit roupillon?

Aucun commentaire: