Adresses

BLOG : http://www.francois-2.com/
o
u : http://francois-2.blogspot.com/
MAIL: agvialain@gmail.com


AUTRES BLOGS

Les 500 derniers jours du PS, avant la présidentielle de 2012:
Campagne 2012 de François Hollande
agv-solferino2012.blogspot.com/
agv-solferino2012.blogspot.fr/



« TOUT PARTI VIT DE SA MYSTIQUE ET MEURT DE SA POLITIQUE » (Charles Péguy)

vendredi 1 juin 2012

LES AVERTISSEMENTS PLEUVENT !

Premier avertissement : La Cour des comptes a certifié les comptes de l’Etat de 2011 qui ont ramené le déficit budgétaire à 5,2%. C’est mieux que les 5,7% prévus. Elle émet toutefois de sérieuses réserves, notamment sur les 70 milliards de niches fiscales, " tout juste stabilisées  mais pas encore réduites ", et sur les dépenses d’intervention (aides sociales, à l’emploi, au logement…) dont " la réduction effective se heurte à une croissance spontanée et à l’absence de réformes touchant aux conditions d’attribution ". Beau langage diplomatique ! En clair, la Cour demande au gouvernement de baisser les dépenses sociales. Son président, Didier Migaud, l’ami socialiste, menace de ne pas certifier les comptes 2012 si les choses ne s’améliorent pas.
On sait que le gouvernement votera un collectif budgétaire à l’été pour mettre en œuvre les promesses du candidat. Le gouvernement est prévenu : ce sera compliqué. Rien que pour atteindre l’objectif d’un déficit public ramené à 4,4% en 2012, il faudra faire preuve d’une " vigilance budgétaire accrue ", insiste la Cour qui a dans le viseur  le nombre de fonctionnaires, les retraites et les aides sociales…
Un rapport plus précis d’exécution budgétaire sera remis au gouvernement fin juin mais on sait qu’il recommandera une baisse de dépenses s’ajoutant aux hausses d’impôts prévues. Premier avertissement donc : la rigueur, c’est maintenant !
Le deuxième avertissement vient de Bruxelles, qui juge improbable le retour à 3% du déficit budgétaire en 2013, sans que ne soient accomplis " des efforts additionnels ".
Dans le rapport présenté par la Commission européenne, le 30 mai, la France reçoit une sévère mise en garde. L’Europe s’inquiète du coût du travail et suggère la " modération des salaires ", précisant que " depuis 2002, les salaires nominaux ont augmenté plus vite que la productivité ", ce qui a contraint les entreprises à rogner sur leurs marges. Elle recommande d’alléger les charges patronales, de réduire les niches fiscales, de reconsidérer l’efficacité de certains taux réduits de TVA.
Bruxelles critique le " manque de flexibilité du marché du travail ", qui résulte, notamment, du " haut degré de protection sociale " et préconise que les licenciements économiques " soient rendus possibles pour améliorer la rentabilité des entreprises et leur productivité ". Sur le SMIC, la Commission se félicite de " sa relative stabilisation " ces dernières années et souhaite que cela continue " afin de ne pas pénaliser l’entrée dans le monde du travail ".
Sur les retraites, elle juge " positive " la réforme de Sarkozy qui doit permettre le retour à l’équilibre en 2018, tout en rappelant qu’un nouvel allongement de la durée de vie active sera nécessaire après 2020.
Si on lit attentivement, il s’agit d’un véritable réquisitoire contre le programme du président Hollande. Même l’UMP n’oserait pas …
Le troisième avertissement vient de Berlin. Une première salve avait été tirée par le gouverneur de la Bundesbank (cf. notre chronique du 29 mai, " Euro Bond : Bons baisers d’Angela "). Normal pour le patron de la banque centrale allemande.
Mais, cette fois-ci, il s’agit de " tirs amis ". L'un des chefs du parti social-démocrate, candidat potentiel à la succession de Merkel en 2013, ex-ministre des Finances, Peer Steinbrück, a déclaré au « Bild » que les projets de Hollande pouvaient " avoir des conséquences pour la solvabilité de la France".
Interrogé sur le programme du nouveau Président français en matière de retraites et de fiscalité, il a répondu : " je ne proposerais pas de telles mesures pour l'Allemagne…Le SPD doit mener sa propre politique, nous ne sommes pas une copie des socialistes français ".
Une autre personnalité socialiste, Thomas Oppermann, secrétaire du groupe parlementaire SPD au Bundestag, a déclaré que " personne ne peut vouloir résoudre quelque problème que ce soit en mettant des dettes en commun … le président Hollande travaille pour la France. Nous, nous travaillons pour l’Allemagne ".
Bien reçu. Mais où, alors, allons-nous trouver du soutien ?

Hier enfin, les irlandais votaient sur la ratification du pacte budgétaire. Rappelons que l’Irlande est le seul pays des 25 signataires du traité à avoir recours au referendum (pour des raisons constitutionnelles) et que c’est une récidiviste du " Non ". Elle avait rejeté successivement  le traité de Nice  en 2001 et le traité de Lisbonne en 2008. Les deux fois, il avait fallu lui demander de revoter. Eh bien, cette fois, c’est " Oui ", du premier coup.
Un pays de plus qui a ratifié le traité. Il va devenir difficile de persister à en demander la renégociation. Quatrième avertissement !
Ce n’est plus une petite pluie,  mais des hallebardes qui tombent sur la France…

Aucun commentaire: