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lundi 4 juin 2012

LE SYNDROME DE LA CAGNOTTE

« Maintenant, messieurs, le moment est arrivé où nous devons, après mûre délibération, fixer l’emploi de la cagnotte » (La cagnotte, Labiche – Acte 1, scène VII).
Vous vous souvenez sans doute de " l’affaire de la cagnotte " pendant le gouvernement Jospin, qui a empoisonné la vie de trois ministres des finances successifs. A la base il y avait une bonne nouvelle. L’économie mondiale traversait une belle période de croissance économique, ce qui avait permis au gouvernement de bâtir un budget 1999 sur la base d’une hypothèse de croissance de 2%. En réalité, elle sera de 3% ce qui entrainera des rentrées fiscales supérieures de 100 milliards de francs aux prévisions (15 milliards d’euros !). Le gouvernement cache la nouvelle qui sera dévoilée par le président Chirac ravi d’embarrasser la majorité en période de cohabitation. C’est que les socialistes hésitent sur l’usage de la " cagnotte ". Trois ministres des finances se repasseront le mistigri : Strauss-Kahn affaibli au plan personnel (déjà !) par l’affaire de la " cassette (cela ne s’invente pas) Méry ", Sautter, qui explosera en vol pour avoir échoué à réformer le ministère des finances et…Fabius.
Nous étions à la veille de l’adoption de l’euro et contraints par un pacte de stabilité (décidemment la vie est un éternel recommencement) qui nous imposait de fortes contraintes en matières de dette et de déficits. La cagnotte pouvait y contribuer. Mais ce n’est pas la solution que retiendra Fabius. Il convaincra Jospin de baisser les impôts. C’est ce qu’au PS on appelle, selon le fameux oxymore dont nous ne nous lasserons jamais, une « dépense » fiscale !
Pourquoi rappeler cette histoire ? Parce qu’elle illustre la prodigalité socialiste dès lors qu’il y a une opportunité de dépenser ainsi que l’illustre le débat en cours sur les modalités d’application du retour de la retraite à 60 ans. On croyait avoir enfin compris. L’engagement N° 18 du candidat Hollande fixait le principe : « Je ferai en sorte que tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouvent le droit de partir à la retraite à taux plein à cet âge-là ».
Par la suite, nous avons appris que cela concernera 130.000 à 150.000 personnes chaque année entrainant un cout additionnel d’un milliard chaque année, soit 5 milliards en 2017 et 15 milliards en cumulé sur la durée du quinquennat. Le financement sera assuré, pour le secteur privé, par une hausse des cotisations sociales, patronales et salariales. Il faudra y ajouter la hausse inévitable des cotisations sur les caisses de retraites complémentaires (elles financent près de la moitié des retraites) et le cout budgétaire de la mesure qui sera certainement étendue aux fonctionnaires. Bref, ce n’est pas rien et c’est probablement le sujet qui focalise le plus l’inquiétude de nos partenaires européens et des marchés. Ce sera l’un des marqueurs de la crédibilité de Hollande à respecter ses engagements en matière de lutte contre les déficits et la dette.
Or, que venons-nous d’apprendre ? Que l’estimation des bénéficiaires potentiels était erronée. Leur nombre serait plus proche de 30.000 que de 150.000 (chiffre dévoilé par le JDD du 3 juin, se référant à une étude du Trésor). Voilà une nouvelle réjouissante qui pourrait permettre de tenir une promesse tout en affaiblissant les critiques sur le coût et les charges supplémentaires qu’elle ne manquerait pas d’entrainer sur les entreprises, au détriment de la compétitivité.
Eh bien, non. La réaction immédiate a été de rechercher comment augmenter le nombre de bénéficiaires afin de dépenser plus. Et l’idée qui s’est naturellement imposée en ce jour de fête des mères a été de prendre en compte plus largement les périodes de maternité (aujourd’hui le maximum est de 4 trimestres au total pour chaque mère de famille). On remonterait ainsi le nombre de bénéficiaires à plus de 100.000.
Ce qui est intéressant dans cette affaire, ce n’est pas tant le débat sur telle ou telle modalité. C’est la démarche politique. Au fond, l’important n’est pas la réforme elle-même : on s’était engagé sur un nombre de bénéficiaires, il faut s’en rapprocher. On avait annoncé un coût, il faut dépenser ce qui avait été promis.
Il semble, en tout cas, que Hollande soit décidé à tenir ses engagements. On en vient à regretter l’époque où les socialistes appliquaient au pouvoir une politique inverse de celle pour laquelle ils avaient été élus…
Il est vrai que dans 13 jours  les élections législatives seront passées et que  s’arrêtera, peut-être, la grande braderie.

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