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mardi 26 juin 2012

LE CHANGEMENT EN MOINS PIRE

Le changement, maintenant, on a compris ce que c’est : de mauvaises demi-mesures.
Prenons le cas du coup de pouce en faveur du Smic. Il sera augmenté de 2% dès le 1er juillet. Moralement et politiquement, on ne peut pas trouver cela choquant. Quand on gagne 1118,36 euros bruts par mois pour 35 heures de travail, la vie ne peut être que difficile. Et une augmentation de 21,50 euros net par mois ce n’est pas vraiment le Pérou.
Reste, qu’économiquement, dans la conjoncture actuelle, c’est une mesure qui va contre la compétivité et contre l’emploi. En général, les économistes calculent qu’un coup de pouce (c’est-à-dire au-delà de l’inflation) d’un point c’est 20.000 chômeurs de plus. L’Allemagne qui, même si cela énerve, reste notre référence, n’a pas de Smic national mais seulement des accords par branche qui tiennent compte de la situation propre à chaque secteur de l’économie. Et si l’on regarde tous les autre pays comparables au notre, on constate que, de coup de pouce en coup de pouce depuis des décennies (sauf pendant le quinquennat de Sarkozy), c’est nous qui avons le Smic le plus élevé.
Michel Sapin, le ministre du travail, qui vient d’annoncer cette hausse, le reconnaît indirectement lorsqu’il déclare qu’elle est un équilibre « entre l'aspiration légitime des citoyens dont les salaires sont les plus bas à une progression de leur pouvoir d'achat »… et « le raisonnable qu'impose la situation économique difficile ».
Mauvaise mesure donc mais demi-mesure. On a vu que 2% de hausse ce n’était pas énorme mais, si l’on va dans les détails, on apprend qu’il s’agit d’un  à-valoir sur la hausse légale qui interviendra le 1er janvier. Quand on sait que, compte tenu de l’inflation, cette dernière devrait s’élever à 1,4%, le véritable coup de pouce ne sera que 0,6%.
On a donc une mauvaise mesure (il s’agit plus, en réalité, d’un coup de pub que d’un coup de pouce) qui est aussi un mauvais signal. Il ne peut en résulter que la déception chez les smicards et l’incitation à des demandes de revalorisation de la part des autres catégories de salariés. S’il y a des tensions sociales à la rentrée, le gouvernement n’aura qu’à s’en prendre qu’à lui-même. En tout cas, « un premier faux pas » selon Jean-Claude Mailly, le patron de FO et un satisfecit dont le gouvernement se serait bien passé, celui de la Présidente de Medef, Laurence Parisot qui juge que cette hausse « aura peu d’incidence ».
Regardons maintenant les recrutements dans la fonction publique. Hollande s’est engagé à embaucher 65 000 fonctionnaires supplémentaires dans l’enseignement, la police, la justice, mais rigueur oblige, cela se fera à effectifs totaux constants. Il faudra donc une réduction d’effectifs de 2,5% dans les autres ministères. Ce ne sera plus un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui ne sera pas remplacé - mesure sarkozienne fort décriée – mais …deux sur trois !
Le doublement du Livret A, promesse de Hollande pour les premières semaines de son mandat. On est en train de découvrir (mais comment ne le savait-on pas avant ?) que l’effet sur les banques pourrait être désastreux. Difficile de leur reprocher de ne pas assez prêter aux PME et dans le même temps assécher leurs dépôts. Dangereux aussi pour l’assurance vie qui est affectée en priorité à l’achat des obligations d’Etat et donc au financement de la dette. Inutile enfin, car cela n’aurait aucun impact sur la relance de la construction de logements sociaux puisque les fonds collectés ne sont pas totalement utilisés. La mesure est donc repoussée et plutôt qu’un doublement (de 15 300 à 30 600 euros) le plafond serait porté à 20 000 euros. Demi-mesure…
Encore un exemple ? Vous vous souvenez de la promesse de mettre fin aux contrôles d’identité « au faciès » et de l’annonce par le Premier ministre de la délivrance d’un récépissé pour éviter leur répétition (voir notre chronique du 7 juin : http://www.francois-2.com/2012/06/contrloles-didentite-raciale.html). Le ministre de l’intérieur, après avoir beaucoup consulté, semble très en retrait : « Je ne veux pas imposer un dispositif qui, très vite, tournerait au ridicule et serait inopérant...Je ne vois pas, à ce stade, comment ça marche… Si les policiers remettent un récépissé, il faut bien qu'ils en gardent une trace… Or, pour la CNIL, il est hors de question de constituer un fichier ». Il est très ferme, en revanche, sur un point : interdiction de tutoyer les personnes contrôlées. Si  cela devait arriver, des sanctions seraient prises. Il ne précise pas si la règle s’applique également aux contrôlés. Ayrault a moyennement apprécié et il persiste : « c’est une mesure que l’on va faire ». Mi- mesure et fausse note…
Sur tous ces sujets nous aurons l’occasion de revenir, ce que nous voulions faire ici c’est illustrer une méthode qui est train de s’imposer.
Certains pourront en être déçus. Ce n’est pas notre cas. Nous ne pouvons que nous féliciter de voir que l’on commence à passer des promesses de campagne aux réalités du pouvoir. Et que, si les engagements restent d’actualité dans leur principe, ils seront plus modérés dans leur application. Le moins pire en somme.
Et si le courage, c’était maintenant ?

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