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lundi 14 mai 2012

PREMIÈRE BISE ?

Demain, à peine investi, Hollande se rendra en Allemagne pour rencontrer Mme Merkel. Il est d’usage que la première visite d’un président français nouvellement élu soit pour l’Allemagne. Rien ne serait possible sans une coopération étroite et amicale entre les deux grands voisins. Ils auront donc beaucoup à se dire mais le sujet le plus grave sera évidemment le sort qui sera réservé au Pacte de stabilité budgétaire.
On sait que Hollande a annoncé qu’il ne signerait pas en l’état ce traité, qu’il veut le renégocier pour y introduire des mesures en faveur de la croissance. Ses exigences portent sur cinq points essentiels ; deux ne posent aucun problème et sont déjà en voie de mise en œuvre :
-L’utilisation des reliquats disponibles sur les fonds structurels européens gérés par la commission. Il s’agit simplement de réaffecter les sommes disponibles et que l’on peine à décaisser.
-Le financement de grands projets d’investissement par la Banque européenne d’investissement(BEI). Pas de problème non plus, c’est son métier et elle est déjà très active. Et s’il fallait augmenter son capital pour relever ses capacités d’emprunt cela ne coûterait rien puisqu’il s’agirait de capital « souscrit » et non de capital « versé ».
-Le troisième point pourra  également trouver une solution : l’instauration d’une taxe sur les transactions financières. Un projet a été préparé à Bruxelles et il réunit un large consensus. Les difficultés viendront de la Grande Bretagne ; il faudra se passer d’elle. A vrai dire il y a, tout de même, un problème : si Hollande veut cette taxe c’est pour en affecter le produit au financement de la croissance. Logique. Seulement à l’origine, la « taxe Tobin » c’était pour financer des projet de développement dans les pays pauvres. C’est également ce que dit le projet socialiste. Mais qui se soucie aujourd’hui de l’aide au développement ?
-Le quatrième point, c’est l’assurance d’un Nein absolu de l’Allemagne : les euro-obligations que l’on nomme aussi les eurobonds. Nous en avons souvent parlé dans notre précédent blog.(*)
Pour faire simple, il s’agit de mutualiser les emprunts de la zone euro afin de permettre aux pays en situation difficile de lever des fonds pour financer leur dette et à des taux peu élevés. Donc c’est l’Allemagne (mais aussi la France)  qui emprunterait  pour reprêter à la Grèce. Curieusement, elle refuse ! On en reparlera lorsque le fédéralisme budgétaire aura été réalisé, c'est-à-dire quand les budgets nationaux seront sous contrôle de l’union européenne…
-Le cinquième point, c’est carrément la bombe atomique lancée sur l’Allemagne : la réforme de la Banque centrale européenne pour lui permettre de prêter aux Etats. Pour les allemands, y compris tous les socialistes, le rôle de la BCE c’est de lutter contre l’inflation par une politique des taux d’intérêt et d’assurer la liquidité des banques, non de financer les Etats. Sur le principe cela pourrait se discuter. Après tout, c’est bien ce qui se passe aux USA et en GB ; mais les banques centrales  prêtent à leur propre Etat et non à des Etats étrangers. Dans le système européen, la BCE financerait le laxisme des pays dispendieux au risque d’entrainer les pays vertueux dans la faillite. Nein, Nein, Nein…et Non!
Voilà ce dont vont discuter Merkel et Hollande, enfin pas dans le détail lors de la première rencontre consacrée aux amabilités (y aura-t-il une bise ?). Mais prenons le pari pour la suite.
Hollande devra accepter de ratifier le Pacte budgétaire. Il obtiendra un autre document relatif à la croissance avec les trois premiers points mentionnés. Il y aura de bonnes paroles sur les eurobonds et la BCE, dans un avenir radieux. Et, pour le prix, il devra accepter un rappel sur la nécessité de réformes structurelles (en particulier, l’assouplissement du marché du travail) et renoncer à relancer la croissance par la dette.
Mais il aura eu son accord sur la croissance et qui comprendra ce qu’il y a dedans ? Au moins jusqu’aux  législatives…

(*)Voir notamment :



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