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lundi 21 mai 2012

L' ÉTAT DE GRÈCE

La question que nous posons ici n’est pas de savoir si la Grèce va sortir de l’euro, ni quand. Mais comment peut-on se retirer de la zone euro ? Pour ceux que le sujet rebute, ils pourront se contenter de cette simple réponse: personne n’en sait rien. Ou s’en tenir à la réponse juridique: c’est impossible! Ce n’est pas prévu par le Traité de Lisbonne, la constitution européenne. Une fois que l’on est entré dans la zone euro, on ne peut plus en sortir…
En revanche, le Traité prévoit (art.5) qu’un Etat peut se retirer de l’Union européenne mais c’est une procédure très longue (il est prévu une période transitoire de 2 ans) et très compliquée qui implique la négociation d’un accord fixant les modalités du retrait, lequel doit être accepté par le Conseil européen à la majorité qualifiée (55% des membres représentant 65% de la population européenne), après approbation du Parlement européen. Il est clair que cette procédure est inenvisageable dans le cas de la Grèce à qui le temps est compté.
Comment les choses pourraient-elle donc se passer?
Soit, les généreux mécènes (on les appelle la Troïka: Union européenne,  BCE et FMI) continuent de payer à fonds perdus ce qui entrainerait une très forte hausse de la dette des Etats membres. Alors, oui, on pourra se passer de Pacte de stabilité budgétaire ; alors, non, inutile d’envisager un pacte de croissance. C’est la récession garantie.
Soit, ayant constaté que la Grèce n’est pas en mesure d’appliquer les plans de redressement qui lui sont imposés et l’on coupe le robinet de l’aide. Tout irait alors très vite, l’Etat grec se trouvant immédiatement en cessation de paiement, ne règlerait plus les salaires des fonctionnaires, ni aucune autre dépense publique, d’ailleurs. Dans le même temps, le système bancaire qui a subi un retrait massif des dépôts, s’effondrerait, paralysant la vie économique.
Impensable évidemment. Alors on oublie les traités et, de manière unilatérale la Banque centrale de Grèce reprend son autonomie et émet sa propre monnaie nationale: la nouvelle drachme. Cela remettrait de la liquidité dans l’économie et permettrait à la machine de repartir mais les conséquences seraient dramatiques: dévaluation massive, inflation galopante, doublement de la dette en euro. La Grèce se trouvant en défaut sur le paiement de sa dette perdrait toute capacité d’emprunt sur les marchés internationaux et redeviendrait un pays sous-développé.
L’union européenne aurait alors à régler un sérieux problème : que fait-on de la Grèce ? Le traité prévoit qu’un pays peut se retirer de l’union mais ne prévoit aucune possibilité d’exclusion. Evidemment on pourrait conclure un nouveau traité sans la Grèce mais il ressemblerait fort à un avis de décès.
Donc ? Et bien il faudra faire preuve d’imagination, de réactivité et de courage. Comme Nicolas Sarkozy et Gordon Brown en 2008, qui ont en quelques jours sauvé le monde de la plus grave crise financière jamais connue. La parole sera aux politiques et ils devront composer avec le droit et les traités pour trouver une solution dérogatoire pour la Grèce.
Ca coûtera combien? Là non plus personne n’en sait rien. Difficile de mesurer la facture pour les Etats membres. Assurément plusieurs centaines de milliards d’euros auxquels il faudra ajouter les pertes du secteur privé, banques, assurances, entreprises…
Evidemment, un tel choc se répercutera immédiatement au niveau mondial qui subira, à son tour, les conséquences de la crise européenne, comme nous avions, en 2008, supporté les conséquences de la crise bancaire américaine. Sauf que, maintenant, il n’y a plus de réserves ni de marges d’endettement.
Certains penseront que nous exagérons et que le pire n’est jamais sûr. C’est possible. D’ailleurs, il aura suffi d’observer les visages hilares des grands de ce monde sur le Super-huit du Park de loisirs de Camp David pour être rassurés. Enfin, sauf Angela qui avait l’air terrorisé sur le toboggan… Pour elle, les montagnes russes sont devenues des montagnes (de dettes) grecques.
Mais pas de panique, pour l’instant on se concentre sur la croissance et l'on va donc renégocier le Pacte budgétaire afin d’y inclure un volet croissance.
Il vaudrait mieux y introduire une "clause d’exception",  technique que connaît bien Hollande. Parce si quelqu’un croit vraiment que l’on sera à 3% de déficit budgétaire en 2013 et 0% en 2017 qu’il lève le doigt.
On sait, pourtant, depuis l’antiquité, qu’il ne faut jamais recevoir ni faire de cadeaux aux grecs (1)…

(1) voir :
http://www.agv-solferino2012.com/2011/11/timeo-danaos-et-dona-ferentes.html









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